<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>21 Avocats</title>
	<atom:link href="https://www.21avocats.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.21avocats.com/</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Tue, 19 May 2026 09:27:46 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2025/03/cropped-Capture-decran-2025-03-14-112627-1-32x32.png</url>
	<title>21 Avocats</title>
	<link>https://www.21avocats.com/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Nullité et véhicule volé : pas de qualité pour agir sur le LAPI (Crim. 12 mai 2026, n° 25-87.407)</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/nullite-vehicule-vole-crim-12-mai-2026-lapi-geolocalisation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 09:26:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[chambre criminelle]]></category>
		<category><![CDATA[géolocalisation]]></category>
		<category><![CDATA[LAPI]]></category>
		<category><![CDATA[nullité de procédure]]></category>
		<category><![CDATA[procédure pénale]]></category>
		<category><![CDATA[qualité à agir]]></category>
		<category><![CDATA[Trafic de stupéfiants]]></category>
		<category><![CDATA[véhicule volé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10587</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par un arrêt promis au Bulletin du 12 mai 2026, la chambre criminelle juge que la personne utilisant un véhicule volé n'a aucune qualité pour agir en annulation des actes d'investigation portant sur ce bien. La règle s'applique au procès-verbal LAPI comme à la géolocalisation en temps réel, peu important l'atteinte alléguée à la vie privée.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/nullite-vehicule-vole-crim-12-mai-2026-lapi-geolocalisation/">Nullité et véhicule volé : pas de qualité pour agir sur le LAPI (Crim. 12 mai 2026, n° 25-87.407)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/lecture-plaques-immatriculation-lapi-1024x576.webp" alt="" class="wp-image-10588" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/lecture-plaques-immatriculation-lapi-1024x576.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/lecture-plaques-immatriculation-lapi-300x169.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/lecture-plaques-immatriculation-lapi-768x432.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/lecture-plaques-immatriculation-lapi.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong>&nbsp;Par un arrêt promis au Bulletin, la chambre criminelle juge que la personne mise en examen qui utilise un&nbsp;<strong>véhicule volé</strong>&nbsp;ne dispose d&rsquo;<strong>aucun droit</strong>&nbsp;sur celui-ci. Dès lors, elle n&rsquo;a&nbsp;<strong>pas qualité pour agir en nullité</strong>&nbsp;du procès-verbal relatant l&rsquo;identification du véhicule par le système de&nbsp;<strong>lecture automatisée des plaques d&rsquo;immatriculation</strong>&nbsp;(LAPI), ni de la mesure de&nbsp;<strong>géolocalisation en temps réel</strong>&nbsp;qui l&rsquo;a visé. La solution s&rsquo;applique alors même qu&rsquo;une atteinte à la vie privée serait alléguée (<em>Crim. 12 mai 2026, n° 25-87.407, F-B</em>).</p>



<p class="txt-justify">Besoin d&rsquo;un avocat en&nbsp;<strong>droit pénal</strong>&nbsp;à Nice ou Grasse (mise en examen, requête en nullité, contestation d&rsquo;une géolocalisation ou d&rsquo;un fichier de police) ?&nbsp;<strong><a href="/personnel/rudy-cohen/">Maître Rudy COHEN</a></strong>&nbsp;peut intervenir rapidement, ou contactez le cabinet :&nbsp;<strong><a href="/nous-contacter/">nous contacter</a></strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#decision">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#contexte">Contexte : faits et procédure</a></li>



<li><a href="#regle">La règle confirmée : pas de droit sur le bien, pas de qualité à agir</a></li>



<li><a href="#geoloc">L&rsquo;extension à la géolocalisation en temps réel</a></li>



<li><a href="#portee">Portée pratique pour la défense pénale</a></li>



<li><a href="#faq">FAQ</a></li>



<li><a href="#sources">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="decision">1) La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">La chambre criminelle a rendu, le 12 mai 2026, un arrêt de rejet publié au Bulletin (<em>Cass. crim., 12 mai 2026, n° 25-87.407, F-B, ECLI:FR:CCASS:2026:CR00586</em>). En substance, la Cour confirme la solution déjà esquissée en matière de géolocalisation et l&rsquo;étend au LAPI.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Décision</strong> : la personne mise en examen utilisant un <strong>véhicule volé</strong> ne dispose d&rsquo;aucun droit sur ce bien. Par conséquent, elle n&rsquo;a pas qualité pour agir en nullité du procès-verbal d&rsquo;identification dressé après consultation du <strong>LAPI</strong>.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Extension</strong> : la même solution joue pour la <strong>géolocalisation en temps réel</strong> du véhicule (§ 39-41 de l&rsquo;arrêt).</li>



<li class="txt-justify"><strong>Indifférence du grief</strong> : l&rsquo;atteinte à la vie privée invoquée, prévue à l&rsquo;<strong>article 8 de la Convention européenne des droits de l&rsquo;homme</strong>, ne suffit pas à fonder la qualité à agir.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Conséquence procédurale</strong> : la chambre de l&rsquo;instruction n&rsquo;a pas à examiner le bien-fondé du moyen lorsque la qualité à agir fait défaut.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="contexte">2) Contexte : faits et procédure</h2>



<p class="txt-justify">L&rsquo;affaire concerne une&nbsp;<strong>information judiciaire</strong>&nbsp;ouverte contre un mis en examen pour&nbsp;<strong>trafic de stupéfiants</strong>, rébellion, refus d&rsquo;obtempérer et refus de remettre la convention secrète de chiffrement d&rsquo;un moyen de cryptologie, en récidive. Les enquêteurs ont d&rsquo;abord identifié un véhicule par interrogation du système LAPI. Ensuite, ils ont mis en place une&nbsp;<strong>géolocalisation en temps réel</strong>. Ils ont également pénétré dans le parking d&rsquo;un immeuble d&rsquo;habitation pour effectuer de simples constatations visuelles.</p>



<p class="txt-justify">La défense a déposé une requête en annulation devant la&nbsp;<strong>chambre de l&rsquo;instruction de Rennes</strong>. Toutefois, par arrêt du 10 octobre 2025, cette chambre a rejeté l&rsquo;ensemble des moyens de nullité. M. [A] a alors formé un pourvoi qui invoquait huit moyens. Parmi eux, plusieurs critiquaient la mesure LAPI et la géolocalisation pour atteinte à la vie privée.</p>



<p class="txt-justify">La Cour de cassation rejette le pourvoi. En particulier, elle écarte les moyens dirigés contre le LAPI et la géolocalisation pour un motif radical : la défense n&rsquo;avait&nbsp;<strong>pas qualité pour agir</strong>, le véhicule étant volé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="regle">3) La règle confirmée : pas de droit sur le bien, pas de qualité à agir</h2>



<p class="txt-justify">La motivation de la chambre criminelle se déploie en deux temps. D&rsquo;abord, la Cour constate que le véhicule contrôlé via LAPI était&nbsp;<strong>volé</strong>. Ensuite, elle en déduit que le requérant ne disposait&nbsp;<em>« d&rsquo;aucun droit sur celui-ci »</em>&nbsp;(§ 18). Autrement dit, le défaut de titre sur le bien suffit à priver l&rsquo;utilisateur de la qualité à invoquer la nullité de la mesure.</p>



<p class="txt-justify">Ce raisonnement présente plusieurs caractères remarquables.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Indifférence de l&rsquo;atteinte alléguée à la vie privée</strong> : la Cour précise expressément <em>« aurait-il même été porté atteinte à sa vie privée »</em>. Par conséquent, l&rsquo;invocation de l&rsquo;article 8 CESDH ne suffit pas à neutraliser la fin de non-recevoir tirée du défaut de droit sur le bien.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Contrôle direct de la Cour de cassation</strong> : la chambre criminelle se reconnaît expressément le pouvoir de constater elle-même le caractère volé du véhicule, en sa qualité de juge ayant <em>« le contrôle des pièces de la procédure »</em> (§ 18). Dès lors, le défaut de qualité peut être relevé d&rsquo;office en cassation.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Caractère inopérant du moyen</strong> : le grief tiré du défaut d&rsquo;habilitation des agents ayant consulté le LAPI est qualifié d&rsquo;<em>« inopérant »</em> (§ 17), sans examen au fond.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">En somme, la Cour adopte une approche fondée sur la titularité du droit. Cette logique se rapproche du critère retenu en matière de perquisition : seul le titulaire du droit affecté par la mesure peut en demander l&rsquo;annulation. La solution s&rsquo;inscrit donc dans une jurisprudence cohérente sur la&nbsp;<strong>qualité à agir en nullité</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="geoloc">4) L&rsquo;extension à la géolocalisation en temps réel</h2>



<p class="txt-justify">L&rsquo;arrêt rejette également le sixième moyen pour les mêmes raisons. Ce moyen contestait la motivation de l&rsquo;autorisation de <strong>géolocalisation en temps réel</strong> délivrée a posteriori par le procureur de la République. Il invoquait les articles <strong>230-33 et 230-35 du Code de procédure pénale</strong> ainsi que l&rsquo;article 8 CESDH.</p>



<p class="txt-justify">La Cour répond de manière lapidaire : le moyen est&nbsp;<em>« inopérant »</em>. En effet,&nbsp;<em>« n&rsquo;a pas qualité pour agir en annulation de la mesure de géolocalisation en temps réel d&rsquo;un véhicule la personne utilisant un véhicule volé, comme ne disposant d&rsquo;aucun droit sur celui-ci »</em>&nbsp;(§ 40). Ainsi, la même règle s&rsquo;applique à la mesure LAPI et à la géolocalisation.</p>



<p class="txt-justify">Cette extension est doctrinalement importante. Elle signifie que la défense ne peut plus contester, en présence d&rsquo;un&nbsp;<strong>véhicule volé</strong>, ni le défaut de motivation de l&rsquo;autorisation de géolocalisation, ni l&rsquo;absence de caractérisation de l&rsquo;urgence justifiant la pose d&rsquo;initiative du dispositif. Or, ces deux griefs constituent habituellement des angles d&rsquo;attaque classiques en matière de géolocalisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="portee">5) Portée pratique pour la défense pénale</h2>



<p class="txt-justify">Cet arrêt resserre la stratégie procédurale dans les contentieux de trafics de stupéfiants impliquant un véhicule litigieux. Plusieurs enseignements s&rsquo;en dégagent pour l&rsquo;avocat de la défense.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Vérifier en amont la titularité du droit sur le bien.</strong>&nbsp;Avant d&rsquo;articuler une nullité visant une mesure d&rsquo;investigation portant sur un véhicule, l&rsquo;avocat doit s&rsquo;assurer que son client peut justifier d&rsquo;un droit sur ce véhicule (propriété, location régulière, prêt). À défaut, la mesure ne sera jamais examinée au fond.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Articuler les moyens autrement.</strong>&nbsp;En cas de véhicule volé, mieux vaut concentrer la stratégie sur les actes ultérieurs : exploitation des informations issues du LAPI, perquisition du domicile,&nbsp;<strong>garde à vue</strong>, auditions. En effet, ces mesures touchent des droits dont la personne reste titulaire (vie privée à domicile, liberté individuelle, droits de la défense).</p>



<p class="txt-justify">Enfin, l&rsquo;arrêt n&rsquo;épuise pas le débat. Il reste à vérifier comment la chambre criminelle traitera l&rsquo;hypothèse où le véhicule serait simplement loué de manière irrégulière, ou utilisé avec l&rsquo;autorisation du propriétaire dans un contexte douteux. La frontière entre « absence totale de droit » et « droit imparfait » constituera vraisemblablement la prochaine ligne de contentieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="faq">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce que le système LAPI ?</h3>



<p class="txt-justify">Le LAPI désigne le système de&nbsp;<strong>lecture automatisée des plaques d&rsquo;immatriculation</strong>. Il permet la capture et l&rsquo;exploitation des données d&rsquo;immatriculation par dispositifs routiers ou véhicules de patrouille. Sa consultation suppose une habilitation spéciale et individuelle des agents.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La règle s&rsquo;applique-t-elle aussi à un véhicule simplement faussement immatriculé ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;arrêt vise expressément le <strong>véhicule volé</strong>. La situation d&rsquo;un véhicule dont seule la plaque est falsifiée n&rsquo;est pas tranchée. À vérifier dans une jurisprudence ultérieure : la solution pourrait varier selon la titularité réelle du droit sur le véhicule lui-même.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le défaut de qualité à agir peut-il être soulevé pour la première fois en cassation ?</h3>



<p class="txt-justify">Oui. La chambre criminelle se reconnaît le pouvoir de constater elle-même, à partir des pièces de procédure, le caractère volé du véhicule (§ 18 de l&rsquo;arrêt). Le grief devient alors&nbsp;<em>« inopérant »</em>, sans débat au fond.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Cette solution s&rsquo;étend-elle aux perquisitions ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;arrêt ne tranche pas la question. Néanmoins, la logique du « droit sur le bien » irrigue déjà la <a href="/glossaire/penal/perquisition/">jurisprudence sur la perquisition</a> : seul le titulaire d&rsquo;un droit sur le lieu peut en contester la régularité. Une convergence semble probable, mais à vérifier au cas par cas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que faire si je suis mis en examen après l&rsquo;exploitation d&rsquo;un fichier de police ?</h3>



<p class="txt-justify">Il convient de saisir rapidement un avocat pénaliste pour examiner les actes de la procédure. Une&nbsp;<strong>requête en nullité</strong>&nbsp;doit être déposée devant la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/chambre-de-linstruction/">chambre de l&rsquo;instruction</a>&nbsp;dans les délais légaux. L&rsquo;avocat vérifiera la qualité à agir, l&rsquo;existence d&rsquo;un grief et la régularité formelle des actes critiqués.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="aller-plus-loin">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Notre expertise en droit pénal</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/">Urgence droit pénal — intervention immédiate</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">Droit pénal des affaires</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/trafic-stupefiants/">Glossaire : trafic de stupéfiants</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/mise-en-examen/">Glossaire : mise en examen</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/chambre-de-linstruction/">Glossaire : chambre de l&rsquo;instruction</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation/">Glossaire : pourvoi en cassation</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/perquisition/">Glossaire : perquisition</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="sources">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Décision commentée</strong> :<a href="https://www.courdecassation.fr/decision/6a02bc81cdc6046d47714575"> Cass. crim., 12 mai 2026, n° 25-87.407, F-B, ECLI:FR:CCASS:2026:CR00586 (Bulletin).</a></li>



<li><strong>Textes visés au pourvoi</strong> : articles 230-32, 230-33, 230-34, 230-35, 591 et 593 du Code de procédure pénale ; article L. 272-1 du Code de la sécurité intérieure ; article 8 de la Convention européenne des droits de l&rsquo;homme.</li>



<li><strong>Jurisprudence citée par la Cour</strong> : <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048074633#:~:text=(M.,une%20question%20prioritaire%20de%20constitutionnalit%C3%A9.">Cons. const., décision n° 2023-1059 QPC du 14 septembre 2023</a> » ; <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000041810369?cassDecision=ARRET&amp;cassDecisionAttaquee=COUR_APPEL&amp;cassFormation=CHAMBRE_CRIMINELLE&amp;cassPubliBulletin=F&amp;cassPubliBulletin=T&amp;dateDecision=01%2F04%2F2020+%3E+01%2F04%2F2020&amp;dateDecisionAttaquee=20%2F12%2F2018+%3E+20%2F12%2F2018&amp;init=true&amp;isAdvancedResult=true&amp;juridictionJudiciaire=Cour+de+cassation&amp;lieuDecision=Paris&amp;page=1&amp;pageSize=10&amp;query=%7B%28%40ALL%5Bt%22*%22%5D%29%7D&amp;sortValue=DATE_DESC&amp;tab_selection=juri&amp;typeRecherche=date">Crim., 1<sup>er</sup> avril 2020, n° 19-80.908 </a>(Inédit).</li>
</ul>



<p><em>Information juridique générale, ne remplace pas une consultation. Pour une analyse de votre situation :&nbsp;<strong><a href="/nous-contacter/">contactez le cabinet</a></strong>.</em><br><a href="#sommaire">↑ Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/nullite-vehicule-vole-crim-12-mai-2026-lapi-geolocalisation/">Nullité et véhicule volé : pas de qualité pour agir sur le LAPI (Crim. 12 mai 2026, n° 25-87.407)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Prise illégale d&#8217;intérêts : la loi nouvelle plus douce appliquée rétroactivement (Crim. 6 mai 2026, n° 24-81.451)</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/prise-illegale-interets-loi-22-decembre-2025-crim-6-mai-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 08:59:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[article 432-12 Code pénal]]></category>
		<category><![CDATA[Cour de cassation]]></category>
		<category><![CDATA[droit pénal des affaires]]></category>
		<category><![CDATA[élu local]]></category>
		<category><![CDATA[inéligibilité]]></category>
		<category><![CDATA[loi 22 décembre 2025]]></category>
		<category><![CDATA[prise illégale d'intérêts]]></category>
		<category><![CDATA[rétroactivité in mitius]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10579</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par un arrêt du 6 mai 2026, la chambre criminelle applique pour la première fois la loi du 22 décembre 2025 qui redéfinit le délit de prise illégale d'intérêts dans un sens plus favorable. Décryptage des trois changements majeurs de l'article 432-12 du Code pénal et de leurs conséquences pratiques pour les élus et les justiciables.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/prise-illegale-interets-loi-22-decembre-2025-crim-6-mai-2026/">Prise illégale d&rsquo;intérêts : la loi nouvelle plus douce appliquée rétroactivement (Crim. 6 mai 2026, n° 24-81.451)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mairie-france-prise-illegale-interets-1024x683.webp" alt="" class="wp-image-10580" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mairie-france-prise-illegale-interets-1024x683.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mairie-france-prise-illegale-interets-300x200.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mairie-france-prise-illegale-interets-768x512.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mairie-france-prise-illegale-interets.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong>&nbsp;Par un arrêt du 6 mai 2026 (Crim., 6 mai 2026, n° 24-81.451, F-B, publié au Bulletin), la chambre criminelle de la&nbsp;<strong>Cour de cassation</strong>&nbsp;casse partiellement la condamnation d&rsquo;un ancien maire pour&nbsp;<strong>complicité de prise illégale d&rsquo;intérêts en récidive</strong>. En effet, la&nbsp;<strong>loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025</strong>&nbsp;a redéfini le délit de l&rsquo;<strong>article 432-12 du Code pénal</strong>&nbsp;dans un sens plus favorable. Par conséquent, la Cour applique la&nbsp;<strong>rétroactivité in mitius</strong>&nbsp;de l&rsquo;article 112-1, alinéa 3, du Code pénal. En revanche, la Cour confirme la condamnation pour&nbsp;<strong>poursuite irrégulière des fonctions par un élu public</strong>.</p>



<p class="txt-justify">Vous êtes mis en cause pour&nbsp;<strong>prise illégale d&rsquo;intérêts</strong>, complicité ou recel à Nice ou Grasse (élu, agent public, conjoint de dirigeant, marché public, recrutement contesté) ?&nbsp;<strong><a href="/personnel/rudy-cohen/">Maître Rudy COHEN</a></strong>, avocat en&nbsp;<a href="/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">droit pénal des affaires</a>, peut intervenir rapidement. Vous pouvez aussi&nbsp;<strong><a href="/nous-contacter/">contacter le cabinet</a></strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#decision">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#contexte">Contexte : les faits et la procédure</a></li>



<li><a href="#in-mitius">La rétroactivité in mitius, un principe protecteur du justiciable</a></li>



<li><a href="#loi-2025">Ce que change la loi du 22 décembre 2025 sur la prise illégale d&rsquo;intérêts</a></li>



<li><a href="#poursuite-irreguliere">La poursuite irrégulière des fonctions par un élu, un délit confirmé</a></li>



<li><a href="#portee">Portée pratique pour les élus et les justiciables</a></li>



<li><a href="#faq">FAQ</a></li>



<li><a href="#aller-plus-loin">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#sources">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="decision">1) La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">La chambre criminelle annule partiellement l&rsquo;arrêt de la cour d&rsquo;appel de Saint-Denis de La Réunion du 21 septembre 2023. En effet, ce dernier avait condamné un ancien maire pour&nbsp;<strong>complicité de prise illégale d&rsquo;intérêts en récidive</strong>. Or, la&nbsp;<strong>loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025</strong>&nbsp;est entrée en vigueur postérieurement à l&rsquo;arrêt attaqué. Dès lors, la Cour relève d&rsquo;office un moyen tiré de la loi pénale nouvelle plus douce. Par voie de conséquence, l&rsquo;affaire repart devant la cour d&rsquo;appel, autrement composée.</p>



<p>Points clés à retenir :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Référence :</strong>&nbsp;Cour de cassation, chambre criminelle, 6 mai 2026, n° 24-81.451, F-B (publié au Bulletin)</li>



<li class="txt-justify"><strong>Solution :</strong>&nbsp;annulation partielle et renvoi sur le seul chef de&nbsp;<strong>prise illégale d&rsquo;intérêts</strong></li>



<li class="txt-justify"><strong>Fondement :</strong>&nbsp;articles&nbsp;<strong>112-1, alinéa 3</strong>, et&nbsp;<strong>432-12</strong>&nbsp;du Code pénal, modifié par la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025</li>



<li class="txt-justify"><strong>Maintien :</strong>&nbsp;la condamnation pour&nbsp;<strong>poursuite irrégulière des fonctions par un élu public</strong>&nbsp;(art. 432-3 C. pén.) reste acquise</li>



<li class="txt-justify"><strong>Effet étendu :</strong>&nbsp;en application de l&rsquo;article 612-1 du Code de procédure pénale, l&rsquo;annulation profite aussi au coprévenu non pourvu et à la prévenue déchue de son pourvoi</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="contexte">2) Contexte : ce que l&rsquo;on peut retenir de l&rsquo;affaire</h2>



<p class="txt-justify">Un maire d&rsquo;une commune de La Réunion subit, en 2013, une condamnation à cinq ans d&rsquo;<strong>inéligibilité</strong>. Par la suite, il forme un pourvoi en cassation. Néanmoins, il se fait réélire maire en mars 2014. Puis la Cour de cassation rejette son pourvoi le 12 juin 2014. Dès lors, sa condamnation devient définitive. Le même jour, l&rsquo;intéressé démissionne et le préfet accepte cette démission. Ensuite, le premier adjoint lui succède comme maire.</p>



<p class="txt-justify">En avril 2016, le nouveau maire recrute l&rsquo;épouse de l&rsquo;ancien édile comme directrice de cabinet du&nbsp;<strong>centre communal d&rsquo;action sociale (CCAS)</strong>. Par ailleurs, le procureur financier de la chambre régionale des comptes alerte le parquet sur les activités de l&rsquo;ancien maire. Au terme d&rsquo;une enquête puis d&rsquo;une information, deux chefs de poursuite sont retenus contre lui :&nbsp;<strong>complicité de prise illégale d&rsquo;intérêts en récidive</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>poursuite irrégulière des fonctions</strong>. Quant à l&rsquo;épouse, elle est poursuivie pour&nbsp;<strong>recel</strong>.</p>



<p class="txt-justify">En première instance, le tribunal correctionnel relaxe l&rsquo;ancien maire de la complicité, tout en retenant le second chef. En revanche, la cour d&rsquo;appel le condamne sur les deux infractions : un an d&#8217;emprisonnement, 10 000 euros d&rsquo;amende et cinq ans d&rsquo;inéligibilité. C&rsquo;est cette décision qui fait l&rsquo;objet du pourvoi tranché le 6 mai 2026.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="in-mitius">3) La rétroactivité in mitius, un principe protecteur du justiciable</h2>



<p class="txt-justify">L&rsquo;article&nbsp;<strong>112-1, alinéa 3, du Code pénal</strong>&nbsp;pose un principe simple. Lorsqu&rsquo;une loi nouvelle est plus douce, elle s&rsquo;applique aux infractions commises avant son entrée en vigueur, à condition qu&rsquo;aucune condamnation définitive n&rsquo;ait été prononcée. Autrement dit, le justiciable bénéficie immédiatement de la loi la moins sévère.</p>



<p class="txt-justify">En l&rsquo;espèce, la cour d&rsquo;appel a statué le 21 septembre 2023. Or, la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 est entrée en vigueur entre l&rsquo;arrêt d&rsquo;appel et l&rsquo;examen du pourvoi. Dès lors, la chambre criminelle&nbsp;<strong>relève d&rsquo;office</strong>&nbsp;le moyen tiré de cette loi nouvelle. Par ailleurs, elle juge utile de mettre ce moyen dans le débat contradictoire avant de statuer.</p>



<p class="txt-justify">De plus, l&rsquo;annulation profite aux coprévenus, même s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas formé de pourvoi ou s&rsquo;ils sont déchus du leur. En effet, l&rsquo;article&nbsp;<strong>612-1 du Code de procédure pénale</strong>&nbsp;étend les effets de la cassation. Concrètement, le coprévenu (l&rsquo;ancien premier adjoint devenu maire) et l&rsquo;épouse condamnée pour recel bénéficient également de la nouvelle loi. Cette extension confirme une jurisprudence classique sur les pourvois en matière correctionnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="loi-2025">4) Ce que change la loi du 22 décembre 2025 sur la prise illégale d&rsquo;intérêts</h2>



<p class="txt-justify">Avant la réforme, l&rsquo;article 432-12 du Code pénal incriminait le fait de prendre un intérêt «&nbsp;<strong>de nature à compromettre</strong>&nbsp;» l&rsquo;impartialité, l&rsquo;indépendance ou l&rsquo;objectivité d&rsquo;un agent public. Ce critère se révélait particulièrement large. Par conséquent, la jurisprudence retenait souvent une conception extensive du délit. Désormais, le législateur restreint sensiblement le champ de l&rsquo;infraction.</p>



<p class="txt-justify">Plus précisément, la loi du 22 décembre 2025 apporte&nbsp;<strong>trois modifications majeures</strong>&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Premier changement :</strong>&nbsp;l&rsquo;intérêt doit désormais «&nbsp;<strong>altérer</strong>&nbsp;» l&rsquo;impartialité, l&rsquo;indépendance ou l&rsquo;objectivité, et non plus seulement être « de nature à compromettre » celles-ci. Autrement dit, l&rsquo;atteinte doit être effective.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Deuxième changement :</strong>&nbsp;l&rsquo;intérêt incriminé doit être de&nbsp;<strong>nature privée</strong>, ou ne pas être expressément exclu par la loi. Ainsi, un intérêt public ne peut plus, en principe, fonder la prise illégale d&rsquo;intérêts.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Troisième changement :</strong>&nbsp;la loi crée une&nbsp;<strong>cause exonératoire spécifique</strong>&nbsp;à l&rsquo;alinéa 3 de l&rsquo;article 432-12 du Code pénal. L&rsquo;infraction n&rsquo;est pas constituée lorsque l&rsquo;auteur « ne pouvait agir autrement en vue de répondre à un motif impérieux d&rsquo;intérêt général ».</li>
</ul>



<p class="txt-justify">Ces trois évolutions modifient profondément la lecture du délit. En effet, la cour d&rsquo;appel s&rsquo;était fondée sur l&rsquo;idée que le recrutement litigieux relevait d&rsquo;un « intérêt commun politique » et d&rsquo;un « intérêt de bonne marche de la commune ». Or, ces motifs pourraient désormais relever soit d&rsquo;un intérêt public exclu de la qualification, soit d&rsquo;un motif impérieux d&rsquo;intérêt général. Dès lors, la juridiction de renvoi devra réexaminer l&rsquo;affaire au regard de la nouvelle définition légale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="poursuite-irreguliere">5) La poursuite irrégulière des fonctions par un élu, un délit confirmé</h2>



<p class="txt-justify">L&rsquo;<strong>article 432-3 du Code pénal</strong>&nbsp;punit l&rsquo;élu qui continue ses fonctions après avoir été officiellement informé de la décision y mettant fin. En l&rsquo;espèce, deux questions se posaient. D&rsquo;abord, à quelle date la cessation du mandat devait-elle être fixée ? Ensuite, l&rsquo;élu avait-il accompli des actes propres à la fonction de maire ?</p>



<p class="txt-justify">Sur la première question, la chambre criminelle apporte une précision technique importante. L&rsquo;arrêt de rejet du pourvoi n&rsquo;entraîne pas, par lui-même, la déchéance automatique du mandat en cours. En effet, deux textes encadrent cette cessation : l&rsquo;<strong>article L. 236 du Code électoral</strong>&nbsp;pour la démission d&rsquo;office prononcée par le préfet, et l&rsquo;<strong>article L. 2122-15 du Code général des collectivités territoriales</strong>&nbsp;pour la démission acceptée par le représentant de l&rsquo;État. Toutefois, le grief restait inopérant en l&rsquo;espèce. En effet, le préfet avait bien accepté la démission le 12 juin 2014.</p>



<p class="txt-justify">Sur la seconde question, la Cour confirme l&rsquo;analyse de la cour d&rsquo;appel. En effet, l&rsquo;ancien maire était intervenu, sous couvert d&rsquo;un titre de « conseiller bénévole », dans de nombreux domaines : urbanisme, police municipale, gestion des services. De plus, il donnait des instructions aux directeurs généraux adjoints. Par ailleurs, la chambre régionale des comptes relevait une délégation implicite de larges compétences. Ainsi, la cour d&rsquo;appel a caractérisé sans insuffisance les&nbsp;<strong>actes propres à la fonction de maire</strong>&nbsp;dont l&rsquo;exercice lui était interdit.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="portee">6) Portée pratique pour les élus et les justiciables</h2>



<p class="txt-justify">Cet arrêt revêt une portée considérable. En effet, il s&rsquo;agit, à notre connaissance, de l&rsquo;<strong>une des premières applications</strong> de la nouvelle rédaction de l&rsquo;article 432-12 du Code pénal par la chambre criminelle. Dès lors, plusieurs enseignements se dégagent pour les élus et leurs conseils.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Pour les procédures en cours :</strong>&nbsp;toute personne poursuivie ou condamnée non définitivement pour prise illégale d&rsquo;intérêts peut invoquer la loi nouvelle plus douce. Concrètement, il convient d&rsquo;invoquer la rétroactivité in mitius dès la première instance ou en appel.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Pour la défense :</strong>&nbsp;il faut désormais démontrer que l&rsquo;intérêt en cause n&rsquo;a pas&nbsp;<strong>réellement altéré</strong>&nbsp;l&rsquo;impartialité de l&rsquo;élu. En outre, le caractère privé de l&rsquo;intérêt doit être discuté.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Pour les élus condamnés à l&rsquo;inéligibilité :</strong>&nbsp;la cessation des fonctions n&rsquo;est jamais automatique. Par conséquent, il faut soit un arrêté préfectoral, soit une démission acceptée par le préfet.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Pour les conjoints d&rsquo;élus et de fonctionnaires :</strong>&nbsp;le risque de poursuite pour&nbsp;<a href="/glossaire/penal/recel/">recel</a>&nbsp;ou complicité subsiste. Toutefois, la nouvelle définition restreint son champ d&rsquo;application.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">En revanche, le délit de&nbsp;<strong>poursuite irrégulière de fonctions</strong>&nbsp;conserve toute sa rigueur. Ainsi, l&rsquo;élu déchu doit cesser concrètement et matériellement d&rsquo;exercer toute fonction d&rsquo;autorité. À défaut, le risque pénal demeure entier, indépendamment du titre — même officieux — qu&rsquo;il s&rsquo;attribue.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="faq">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce que la prise illégale d&rsquo;intérêts depuis la loi du 22 décembre 2025 ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;article 432-12 du Code pénal punit l&rsquo;agent public qui prend un intérêt&nbsp;<strong>privé altérant</strong>&nbsp;son impartialité dans une opération dont il a la charge. Désormais, l&rsquo;intérêt public est exclu et une cause exonératoire existe en cas de motif impérieux d&rsquo;intérêt général.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce que la rétroactivité in mitius ?</h3>



<p class="txt-justify">La rétroactivité in mitius est prévue par l&rsquo;<strong>article 112-1, alinéa 3, du Code pénal</strong>. Elle permet l&rsquo;application immédiate de la loi nouvelle plus douce aux faits antérieurs, tant qu&rsquo;aucune condamnation définitive n&rsquo;a été prononcée. C&rsquo;est un principe protecteur garanti par la Constitution et par la CEDH.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelle peine encourt-on pour prise illégale d&rsquo;intérêts ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;article 432-12 du Code pénal prévoit&nbsp;<strong>cinq ans d&#8217;emprisonnement et 500 000 euros d&rsquo;amende</strong>, dont le montant peut être porté au double du produit tiré de l&rsquo;infraction. En outre, le juge peut prononcer une&nbsp;<a href="/glossaire/penal/peines-complementaires/">peine complémentaire</a>&nbsp;d&rsquo;<strong>inéligibilité</strong>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un élu condamné à l&rsquo;inéligibilité doit-il cesser immédiatement ses fonctions ?</h3>



<p class="txt-justify">La cessation des fonctions n&rsquo;est pas automatique. En effet, elle résulte soit d&rsquo;un arrêté préfectoral de démission d&rsquo;office (article L. 236 du Code électoral), soit d&rsquo;une démission acceptée par le préfet (article L. 2122-15 du CGCT). À défaut, l&rsquo;élu reste juridiquement en fonction.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que risque un élu déchu qui continue d&rsquo;exercer en sous-main ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;article 432-3 du Code pénal punit la&nbsp;<strong>poursuite irrégulière des fonctions par un élu public</strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>deux ans d&#8217;emprisonnement et 30 000 euros d&rsquo;amende</strong>. Cette infraction se caractérise dès lors que l&rsquo;élu accomplit des actes propres à la fonction qu&rsquo;il n&rsquo;exerce plus officiellement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="aller-plus-loin">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">Notre expertise en droit pénal des affaires</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Notre expertise en droit pénal général</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/">Urgence droit pénal — intervention rapide</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation/">Fiche glossaire : le pourvoi en cassation</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/recel/">Fiche glossaire : le recel</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/complice/">Fiche glossaire : la complicité</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/recidive/">Fiche glossaire : la récidive</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/partie-civile/">Fiche glossaire : la partie civile</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="sources">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Cour de cassation, chambre criminelle, 6 mai 2026, n° 24-81.451, F-B, publié au Bulletin (ECLI:FR:CCASS:2026:CR00556) — texte intégral sur&nbsp;<a href="https://www.courdecassation.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le site de la Cour de cassation</a></li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053142169" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d&rsquo;un statut de l&rsquo;élu local</a>&nbsp;— Légifrance</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044569907" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Code pénal, article 432-12</a> — Légifrance </li>



<li>Code pénal, article 112-1 (rétroactivité in mitius) — Légifrance</li>



<li>Code pénal, article 432-3 (poursuite irrégulière des fonctions) — Légifrance</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006389934" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CGCT, article L. 2122-15</a>&nbsp;(démission du maire) — Légifrance</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041410795" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CGCT, article L. 2122-18</a>&nbsp;(délégations du maire) — Légifrance</li>



<li>Code électoral, article L. 236 (démission d&rsquo;office par le préfet) — Légifrance</li>



<li>Code de procédure pénale, articles 590-1 (déchéance du pourvoi) et 612-1 (extension des effets de l&rsquo;annulation) — Légifrance</li>



<li>Crim., 12 juin 2014, pourvoi n° 13-81.221 (cité dans l&rsquo;arrêt commenté)</li>



<li>Adaltys Avocats,&nbsp;<a href="https://adaltys.com/la-loi-n-2025-1249-du-22-decembre-2025-une-volonte-du-legislateur-de-clarifier-le-delit-de-prise-illegale-dinterets/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 : une volonté du législateur de clarifier le délit de prise illégale d&rsquo;intérêts »</a></li>



<li>CDMF Avocats,&nbsp;<a href="https://www.cdmf-avocats-affaires-publiques.com/nouvelle-definition-du-delit-de-prise-illegale-dinterets/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Nouvelle définition du délit de prise illégale d&rsquo;intérêts »</a></li>
</ul>



<p><em>Information générale, ne remplace pas une consultation. Pour une analyse de votre situation :&nbsp;<strong><a href="/nous-contacter/">contactez le cabinet</a></strong>.</em></p>



<p><a href="#sommaire">↑ Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/prise-illegale-interets-loi-22-decembre-2025-crim-6-mai-2026/">Prise illégale d&rsquo;intérêts : la loi nouvelle plus douce appliquée rétroactivement (Crim. 6 mai 2026, n° 24-81.451)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Incapacité d&#8217;exercer dans la construction après condamnation : la QPC du 7 mai 2026</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/incapacite-construction-condamnation-penale-qpc-2026-1199/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 06:13:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Article L. 241-3 CCH]]></category>
		<category><![CDATA[CCMI]]></category>
		<category><![CDATA[conseil constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Construction]]></category>
		<category><![CDATA[Incapacité professionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Loi ALUR]]></category>
		<category><![CDATA[Peines complémentaires]]></category>
		<category><![CDATA[Promotion immobilière]]></category>
		<category><![CDATA[QPC]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10571</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par sa décision n° 2026-1199 QPC du 7 mai 2026, le Conseil constitutionnel valide l'article L. 241-3 du Code de la construction et de l'habitation. Ce texte interdit aux personnes condamnées pénalement pour certaines infractions de fonder ou gérer des sociétés de promotion immobilière, et de conclure des CCMI. Le Conseil retient qu'il s'agit d'une mesure préventive et non d'une punition.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/incapacite-construction-condamnation-penale-qpc-2026-1199/">Incapacité d&rsquo;exercer dans la construction après condamnation : la QPC du 7 mai 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/incapacite-construction-condamnation-penale-qpc-2026-1024x683.webp" alt="" class="wp-image-10572" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/incapacite-construction-condamnation-penale-qpc-2026-1024x683.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/incapacite-construction-condamnation-penale-qpc-2026-300x200.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/incapacite-construction-condamnation-penale-qpc-2026-768x512.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/incapacite-construction-condamnation-penale-qpc-2026.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong> Par sa décision du <strong>7 mai 2026</strong> (Cons. const., 7 mai 2026, n° <strong>2026-1199 QPC</strong>, <em>M. Pascal B. et autre</em>, JORF n° 0108 du 8 mai 2026, texte n° 99), le Conseil constitutionnel valide l&rsquo;<strong>incapacité construction condamnation pénale</strong> prévue par l&rsquo;<strong>article L. 241-3 du Code de la construction et de l&rsquo;habitation</strong>, dans sa rédaction issue de la <strong>loi ALUR</strong> n° 2014-366 du 24 mars 2014. Ce texte interdit aux personnes condamnées pénalement pour certaines infractions de fonder ou gérer des sociétés de promotion immobilière, et de conclure des <strong>contrats de construction de maison individuelle</strong> (CCMI). Le Conseil retient que cette interdiction <strong>n&rsquo;a pas le caractère d&rsquo;une punition</strong>. Dès lors, elle ne porte pas une atteinte disproportionnée à la liberté d&rsquo;entreprendre ni à la liberté contractuelle.</p>



<p class="txt-justify">Vous êtes&nbsp;<strong>poursuivi ou condamné</strong>&nbsp;pour une infraction visée par l&rsquo;article L. 241-3 du CCH ? Vous souhaitez demander le&nbsp;<strong>relèvement</strong>&nbsp;de cette interdiction à Nice ou Grasse ?&nbsp;<strong><a href="/personnel/rudy-cohen/">Maître Rudy COHEN</a></strong>, avocat pénaliste au Barreau de Nice, intervient en défense pénale, sur les&nbsp;<a href="/glossaire/penal/peines-complementaires/">peines complémentaires</a>&nbsp;et les&nbsp;<a href="/domaines-de-competences/amenagement-de-peine/">aménagements de peine</a>. Contactez le cabinet :&nbsp;<strong><a href="/nous-contacter/">nous contacter</a></strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#decision-bref">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#contexte">Contexte : la QPC posée par la chambre criminelle</a></li>



<li><a href="#article-l241-3">Le contenu de l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale</a></li>



<li><a href="#grief-article-8">Premier grief : punition ou mesure préventive ?</a></li>



<li><a href="#grief-liberte-entreprendre">Second grief : liberté d&rsquo;entreprendre et liberté contractuelle</a></li>



<li><a href="#portee-pratique">Portée pratique de l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale</a></li>



<li><a href="#faq">FAQ</a></li>



<li><a href="#aller-plus-loin">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#sources">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="decision-bref">1) La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">D&rsquo;abord, le Conseil constitutionnel statue sur la conformité à la Constitution des mots «&nbsp;<strong>Ne peuvent participer</strong>&nbsp;» du premier alinéa de l&rsquo;<strong>article L. 241-3 du Code de la construction et de l&rsquo;habitation</strong>, dans sa rédaction issue de la loi ALUR du 24 mars 2014. Ensuite, la&nbsp;<strong>chambre criminelle</strong>&nbsp;de la Cour de cassation a renvoyé la QPC par arrêt n° 381 du 18 février 2026. De plus, le Conseil a enregistré la décision de renvoi le 23 février 2026. Enfin, l&rsquo;audience publique s&rsquo;est tenue le 28 avril 2026, avec les observations de Me Boog (barreau de Nantes) pour le requérant et de M. Cayssials pour le Premier ministre.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Solution</strong> : conformité à la Constitution, sans réserve d&rsquo;interprétation.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Trois griefs examinés</strong> : article 8 DDHC (nécessité des peines), liberté d&rsquo;entreprendre et liberté contractuelle (article 4 DDHC, relevé d&rsquo;office), principe d&rsquo;égalité devant la loi.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Apport central</strong> : l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale est une <strong>mesure préventive</strong> dépourvue de caractère répressif, et non une sanction-punition.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Objectif</strong> : garantir le bon fonctionnement du marché immobilier des constructions neuves et protéger les accédants à la propriété ainsi que les souscripteurs de titres de société.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Soupapes</strong> : relèvement sans délai (articles 132-21 du Code pénal et 702-1 du Code de procédure pénale) et réhabilitation légale ou judiciaire (articles 133-12 du Code pénal et 785 du Code de procédure pénale).</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="contexte">2) Contexte : la QPC posée par la chambre criminelle</h2>



<p class="txt-justify">Tout d&rsquo;abord, il faut rappeler l&rsquo;origine de la procédure. En effet, la&nbsp;<strong>chambre criminelle</strong>&nbsp;de la Cour de cassation a renvoyé la QPC au Conseil constitutionnel par un arrêt du 18 février 2026 (n° 381). De plus, MM. Pascal B. et autre, représentés par la SCP Célice, Texidor, Périer et par Me Christophe Boog, contestaient l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale de l&rsquo;article L. 241-3 du CCH.</p>



<p class="txt-justify">Ensuite, le dispositif attaqué occupe une place charnière dans le droit pénal des affaires. En effet, l&rsquo;article L. 241-3 du CCH crée une&nbsp;<strong>interdiction professionnelle de plein droit</strong>, automatique. De ce fait, elle découle de la simple condamnation pénale. Autrement dit, le juge correctionnel n&rsquo;a pas besoin de la prononcer en plus. Dès lors, elle frappe la personne condamnée dès que les conditions du texte sont remplies.</p>



<p class="txt-justify">Par ailleurs, la violation de cette interdiction est lourdement punie. En effet, toute personne qui ne la respecte pas s&rsquo;expose à&nbsp;<strong>deux ans d&#8217;emprisonnement</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>22 500 euros d&rsquo;amende</strong>&nbsp;(article L. 241-4 du CCH). C&rsquo;est pourquoi le sujet intéresse les justiciables du&nbsp;<a href="/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">droit pénal des affaires</a>&nbsp;autant que les opérateurs du&nbsp;<a href="/domaines-de-competences/droit-immobilier-et-construction/">secteur de la construction</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="article-l241-3">3) Le contenu de l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale</h2>



<p class="txt-justify">D&rsquo;abord, pour comprendre la portée de la décision, il faut revenir au texte lui-même. En effet, l&rsquo;article L. 241-3 du Code de la construction et de l&rsquo;habitation interdit à certaines personnes condamnées de participer, en droit ou en fait, directement ou par personne interposée, à plusieurs activités du secteur immobilier.</p>



<h3 class="wp-block-heading">3.1. Les activités prohibées</h3>



<p>Concrètement, le texte vise cinq familles d&rsquo;opérations.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">Participer à la <strong>fondation</strong> ou à la <strong>gestion</strong> des sociétés régies par le <strong>Titre I<sup>er</sup> du Livre II du CCH</strong> (sociétés coopératives, sociétés d&rsquo;attribution d&rsquo;immeubles, etc.).</li>



<li class="txt-justify">Participer à la <strong>fondation</strong> ou à la <strong>gestion</strong> d&rsquo;une société régie par la <strong>loi n° 86-18 du 6 janvier 1986</strong> sur les <strong>sociétés d&rsquo;attribution d&rsquo;immeubles en jouissance à temps partagé</strong>.</li>



<li class="txt-justify">Participer à la <strong>fondation</strong> ou à la <strong>gestion</strong> d&rsquo;une <strong>société de promotion immobilière</strong>.</li>



<li>Conclure un <strong>contrat de promotion immobilière</strong>.</li>



<li class="txt-justify">Conclure l&rsquo;un des contrats régis par les <strong>articles L. 231-1 et L. 232-1 du CCH</strong>, c&rsquo;est-à-dire les <strong>contrats de construction de maison individuelle</strong> (CCMI) avec ou sans fourniture du plan.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">3.2. Les personnes touchées par l&rsquo;incapacité</h3>



<p class="txt-justify">Ensuite, le texte cible deux séries de condamnations pénales.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">D&rsquo;abord, les personnes condamnées au titre de l&rsquo;<strong>article 1<sup>er</sup> de la loi n° 47-1435 du 30 août 1947</strong> sur l&rsquo;<strong>assainissement des professions commerciales et industrielles</strong>.</li>



<li class="txt-justify">Ensuite, les personnes condamnées à une <strong>peine d&#8217;emprisonnement</strong>, <strong>avec ou sans sursis</strong>, pour l&rsquo;une des quatorze catégories d&rsquo;infractions limitativement énumérées par le texte. On y retrouve notamment : faux et usage de faux ; <a href="/glossaire/penal/vol-cambriolage/">vol</a>, <a href="/glossaire/penal/recel/">recel</a>, <a href="/glossaire/penal/escroquerie/">escroquerie</a>, <a href="/glossaire/penal/abus-de-confiance/">abus de confiance</a>, banqueroute, <strong>extorsion</strong> ; chèque sans provision, usure ; corruption ; faux témoignage ; <a href="/glossaire/penal/proxenetisme/">proxénétisme</a> ; certains délits du <strong>Code de commerce</strong> (articles L. 241-1 à L. 241-4, L. 242-6, L. 242-17 et L. 242-27 — délits sociétaires, abus de biens sociaux, etc.).</li>



<li class="txt-justify">Enfin, la <strong>tentative</strong> et la <strong>complicité</strong> de ces infractions entraînent la même incapacité construction condamnation pénale.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">De ce fait, le champ du texte est très large. Par ailleurs, la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/peines-complementaires/">peine complémentaire</a>&nbsp;— en réalité une&nbsp;<strong>incapacité accessoire</strong>&nbsp;— joue ici sans qu&rsquo;il soit besoin pour la juridiction pénale de la prononcer. En somme, elle s&rsquo;applique&nbsp;<strong>de plein droit</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="grief-article-8">4) Premier grief : punition ou mesure préventive ?</h2>



<h3 class="wp-block-heading">4.1. L&rsquo;argument des requérants</h3>



<p class="txt-justify">D&rsquo;abord, le cœur du débat se situe ici. En effet, les requérants soutenaient que l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale est une&nbsp;<strong>sanction ayant le caractère d&rsquo;une punition</strong>. Trois arguments soutenaient leur thèse : l&rsquo;<strong>automaticité</strong>&nbsp;de l&rsquo;incapacité, sa&nbsp;<strong>durée perpétuelle</strong>&nbsp;et le caractère, selon eux,&nbsp;<strong>insuffisant</strong>&nbsp;de la garantie du relèvement. Dès lors, la disposition heurterait les exigences de l&rsquo;<strong>article 8 de la Déclaration des droits de l&rsquo;homme et du citoyen de 1789</strong>&nbsp;: nécessité, légalité et individualisation des peines.</p>



<h3 class="wp-block-heading">4.2. Le rappel du cadre constitutionnel</h3>



<p>Ensuite, le Conseil rappelle que l&rsquo;article 8 de la Déclaration de 1789 « ne concerne pas seulement les peines prononcées par les juridictions pénales mais s&rsquo;étend à toute sanction ayant le caractère d&rsquo;une punition » (§ 6). En d&rsquo;autres termes, cette jurisprudence est constante. Par conséquent, la question décisive devient la suivante : l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale a-t-elle le caractère d&rsquo;une punition ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">4.3. La qualification retenue : une mesure préventive</h3>



<p class="txt-justify">Toutefois, la réponse du Conseil est négative. En effet, au paragraphe 8 de la décision, il livre la motivation centrale. L&rsquo;interdiction a pour objet, «&nbsp;<strong>à titre préventif</strong>, de garantir le bon fonctionnement du marché immobilier des constructions neuves et de protéger les accédants à la propriété ainsi que les souscripteurs de titres de société, en assurant que les professionnels qui exercent leur activité dans ce secteur présentent des garanties d&rsquo;<strong>intégrité et de probité suffisantes</strong>&nbsp;». Par conséquent, les dispositions « sont&nbsp;<strong>dépourvues de caractère répressif</strong>&nbsp;» et «&nbsp;<strong>n&rsquo;instituent donc pas une sanction ayant le caractère d&rsquo;une punition</strong>&nbsp;».</p>



<p class="txt-justify">Autrement dit, le Conseil sépare nettement la&nbsp;<strong>fonction préventive</strong>&nbsp;de la mesure et sa fonction répressive. Ainsi, c&rsquo;est la finalité — la protection du marché immobilier des constructions neuves — qui détermine sa qualification. Dès lors, le grief tiré de l&rsquo;article 8 de la Déclaration de 1789 est écarté.</p>



<p class="txt-justify">De plus, cette qualification a une conséquence majeure. En effet, elle écarte l&rsquo;application des principes de&nbsp;<strong>nécessité</strong>, de&nbsp;<strong>proportionnalité</strong>&nbsp;et d&rsquo;<strong>individualisation</strong>&nbsp;des peines aux incapacités professionnelles de plein droit du CCH. Toutefois, la logique se déplace alors vers le terrain de la liberté d&rsquo;entreprendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="grief-liberte-entreprendre">5) Second grief : liberté d&rsquo;entreprendre et liberté contractuelle</h2>



<p class="txt-justify">En outre, le Conseil constitutionnel a relevé d&rsquo;office un second grief. En effet, il s&rsquo;est demandé si l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale méconnaissait la&nbsp;<strong>liberté d&rsquo;entreprendre</strong>&nbsp;et la&nbsp;<strong>liberté contractuelle</strong>, qui découlent de l&rsquo;<strong>article 4 de la Déclaration de 1789</strong>&nbsp;(§ 5). Son raisonnement se structure en trois temps.</p>



<h3 class="wp-block-heading">5.1. Le cadre du contrôle</h3>



<p class="txt-justify">D&rsquo;abord, le Conseil rappelle son cadre de contrôle classique (§ 10). Concrètement, le législateur peut apporter à la liberté d&rsquo;entreprendre et à la liberté contractuelle des limitations «&nbsp;<strong>liées à des exigences constitutionnelles ou justifiées par l&rsquo;intérêt général</strong>&nbsp;». Toutefois, il ne doit pas en résulter d&rsquo;<strong>atteintes disproportionnées</strong>&nbsp;au regard de l&rsquo;objectif poursuivi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">5.2. L&rsquo;objectif d&rsquo;intérêt général retenu</h3>



<p class="txt-justify">Ensuite, le Conseil identifie l&rsquo;objectif du législateur (§ 12). Par renvoi à son paragraphe 8, il retient que le législateur a voulu garantir le&nbsp;<strong>bon fonctionnement du marché immobilier des constructions neuves</strong>. Ainsi, il a poursuivi un&nbsp;<strong>objectif d&rsquo;intérêt général</strong>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">5.3. Les deux soupapes décisives</h3>



<p class="txt-justify">Enfin, le Conseil souligne l&rsquo;existence de deux mécanismes correcteurs (§ 13). En effet, c&rsquo;est la pièce maîtresse de la proportionnalité retenue.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Le relèvement</strong> : sur le fondement du <strong>second alinéa de l&rsquo;article 132-21 du Code pénal</strong> et de l&rsquo;<strong>article 702-1 du Code de procédure pénale</strong>, la personne touchée par une interdiction résultant de plein droit d&rsquo;une condamnation pénale peut <strong>sans délai</strong> demander à la juridiction d&rsquo;en être relevée, en tout ou partie.</li>



<li class="txt-justify"><strong>La réhabilitation</strong> : la personne condamnée peut, après un certain délai, bénéficier d&rsquo;une <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071154/LEGISCTA000006167484/">réhabilitation</a> de plein droit ou judiciaire dans les conditions prévues par les <strong>articles 133-12 du Code pénal</strong> et <strong>785 du Code de procédure pénale</strong>. Une telle réhabilitation efface les incapacités qui résultent de la condamnation.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">Dès lors, le Conseil estime que les dispositions contestées ne portent pas une&nbsp;<strong>atteinte disproportionnée</strong>&nbsp;à la liberté d&rsquo;entreprendre et à la liberté contractuelle (§ 14). Par conséquent, le grief est écarté.</p>



<p class="txt-justify">En outre, le Conseil ajoute, en tout état de cause, que les dispositions contestées ne méconnaissent pas non plus le&nbsp;<strong>principe d&rsquo;égalité devant la loi</strong>&nbsp;(§ 15). Sur ce point, l&rsquo;un des requérants invoquait une différence de traitement injustifiée entre les incapacités de plein droit et les peines complémentaires prononcées par un juge. Toutefois, le Conseil ne fait pas droit à cet argument.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="portee-pratique">6) Portée pratique de l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale</h2>



<p class="txt-justify">Par ailleurs, la décision confirme un dispositif aux effets très concrets pour les dirigeants, promoteurs et constructeurs. Plusieurs réflexes pratiques s&rsquo;imposent à la suite de cette QPC.</p>



<h3 class="wp-block-heading">6.1. Pour la personne condamnée ou poursuivie</h3>



<p class="txt-justify">D&rsquo;abord, il faut anticiper. En effet, toute condamnation à une peine d&#8217;emprisonnement —&nbsp;<strong>même avec sursis</strong>&nbsp;— pour escroquerie, abus de confiance, recel, faux, vol, banqueroute, corruption ou pour les délits sociétaires du Code de commerce, déclenche&nbsp;<strong>automatiquement</strong>&nbsp;l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale. Dès lors, la personne condamnée doit cesser sans délai les activités prohibées. À défaut, elle s&rsquo;expose à deux ans d&#8217;emprisonnement et 22 500 euros d&rsquo;amende.</p>



<p class="txt-justify">Ensuite, plusieurs leviers existent. De plus, la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/casier-judiciaire/">consultation du casier judiciaire</a>&nbsp;permet d&rsquo;identifier les incapacités en cours. Par ailleurs, la&nbsp;<strong>demande de relèvement</strong>&nbsp;de l&rsquo;interdiction (articles 132-21 du Code pénal et 702-1 du Code de procédure pénale) reste souvent la voie la plus rapide pour reprendre une activité dans la construction. En effet, elle peut être présentée sans délai et exige la démonstration de la réinsertion. C&rsquo;est pourquoi un&nbsp;<a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">avocat pénaliste</a>&nbsp;structure utilement ce dossier.</p>



<h3 class="wp-block-heading">6.2. Pour les co-contractants et partenaires</h3>



<p class="txt-justify">De surcroît, du côté des acquéreurs, maîtres d&rsquo;ouvrage ou partenaires bancaires, la décision invite à la&nbsp;<strong>vigilance contractuelle</strong>. En effet, un contrat de promotion immobilière ou un&nbsp;<a href="/glossaire/immobilier/responsabilite-du-constructeur/">CCMI</a>&nbsp;conclu en violation de l&rsquo;article L. 241-3 du CCH engage la responsabilité pénale du constructeur et soulève des questions civiles. De plus, la qualification de&nbsp;<strong>mesure préventive</strong>&nbsp;retenue par le Conseil renforce l&rsquo;idée que le dispositif protège directement le co-contractant.</p>



<h3 class="wp-block-heading">6.3. Une décision en ligne avec la jurisprudence</h3>



<p class="txt-justify">Enfin, la décision s&rsquo;inscrit dans une lignée jurisprudentielle bien établie. En effet, le Conseil constitutionnel admet de longue date que des <strong>interdictions professionnelles de plein droit</strong> puissent résulter d&rsquo;une condamnation pénale, dès lors qu&rsquo;elles poursuivent un objectif de protection d&rsquo;un secteur d&rsquo;activité et que la personne condamnée dispose des voies du relèvement et de la réhabilitation. Ainsi, la décision du 7 mai 2026 étend cette logique au secteur de la construction et de la promotion immobilière. Dès lors, la frontière entre <em>sanction-punition</em> et <em>mesure préventive</em> reste le critère cardinal de qualification.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="faq">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;incapacité construction condamnation pénale est-elle prononcée par le juge ?</h3>



<p class="txt-justify">Non. En effet, elle s&rsquo;applique&nbsp;<strong>de plein droit</strong>&nbsp;dès lors que la condamnation remplit les conditions du texte (peine d&#8217;emprisonnement, infraction listée). De ce fait, le tribunal correctionnel n&rsquo;a pas besoin de la prononcer en plus. Par ailleurs, le Conseil constitutionnel précise dans sa décision du 7 mai 2026 qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une&nbsp;<strong>mesure préventive</strong>, et non d&rsquo;une sanction ayant le caractère d&rsquo;une punition.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Combien de temps dure cette interdiction d&rsquo;exercer dans la construction ?</h3>



<p class="txt-justify">Le texte ne fixe pas de durée. En effet, l&rsquo;incapacité demeure tant qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas effacée. Concrètement, deux voies existent : un <strong>relèvement</strong> obtenu auprès du juge (sans délai) ou une <strong>réhabilitation</strong> légale ou judiciaire. Par ailleurs, les délais de réhabilitation varient selon la nature et la durée de la peine (articles 133-13 et suivants du Code pénal).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une condamnation à une amende seule entraîne-t-elle cette incapacité ?</h3>



<p class="txt-justify">Non. En effet, le texte vise les condamnations à une&nbsp;<strong>peine d&#8217;emprisonnement</strong>, avec ou sans sursis. Dès lors, une simple amende n&rsquo;enclenche pas l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale de l&rsquo;article L. 241-3 du CCH. Toutefois, d&rsquo;autres incapacités peuvent jouer (loi du 30 août 1947 ou textes spéciaux).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Comment demander le relèvement de l&rsquo;interdiction ?</h3>



<p class="txt-justify">Concrètement, la demande s&rsquo;effectue par requête sur le fondement du second alinéa de l&rsquo;article 132-21 du Code pénal et de l&rsquo;article 702-1 du Code de procédure pénale. De plus, le Conseil constitutionnel souligne que cette demande peut être présentée&nbsp;<strong>sans délai</strong>. Par conséquent, le dossier doit mettre en avant la réinsertion et l&rsquo;absence de risque pour le marché immobilier.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La décision du 7 mai 2026 change-t-elle le droit applicable ?</h3>



<p class="txt-justify">Non. En effet, le Conseil constitutionnel valide le texte&nbsp;<strong>sans réserve d&rsquo;interprétation</strong>. Dès lors, le régime de l&rsquo;incapacité construction condamnation pénale reste inchangé. Toutefois, la décision sécurise ce dispositif et clarifie sa qualification : il s&rsquo;agit d&rsquo;une&nbsp;<strong>mesure préventive</strong>, et non d&rsquo;une peine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="aller-plus-loin">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">Droit pénal des affaires</a> — défense des dirigeants et incapacités professionnelles</li>



<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Droit pénal</a> — défense devant les juridictions correctionnelles</li>



<li><a href="/domaines-de-competences/amenagement-de-peine/">Aménagement de peine</a> — relèvement et réhabilitation</li>



<li><a href="/domaines-de-competences/droit-immobilier-et-construction/">Droit immobilier et construction</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/peines-complementaires/">Peines complémentaires</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/casier-judiciaire/">Casier judiciaire</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/escroquerie/">Escroquerie</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/abus-de-confiance/">Abus de confiance</a></li>



<li><a href="/glossaire/immobilier/responsabilite-du-constructeur/">Responsabilité du constructeur</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="sources">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054048850">Cons. const., 7 mai 2026, n° 2026-1199 QPC, <em>M. Pascal B. et autre</em>, ECLI:FR:CC:2026:2026.1199.QPC, JORF n° 0108 du 8 mai 2026, texte n° 99</a> — texte intégral sur Légifrance</li>



<li><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20261199QPC.htm">Page de la décision sur le site du Conseil constitutionnel</a></li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000028806974">Article L. 241-3 du Code de la construction et de l&rsquo;habitation</a> (version issue de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014) — Légifrance</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417395">Article 132-21 du Code pénal</a> (relèvement des interdictions, déchéances et incapacités de plein droit) — Légifrance</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048442241">Article 702-1 du Code de procédure pénale </a>(procédure de relèvement) —</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417521">Article 133-12 du Code pénal</a> (réhabilitation légale et judiciaire)</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006578351">Article 785 du Code de procédure pénale </a>(procédure de réhabilitation judiciaire) </li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000513714/">Loi n° 47-1435 du 30 août 1947</a> relative à l&rsquo;assainissement des professions commerciales et industrielles — Légifrance</li>
</ul>



<p><br>↑ <a href="#sommaire">Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/incapacite-construction-condamnation-penale-qpc-2026-1199/">Incapacité d&rsquo;exercer dans la construction après condamnation : la QPC du 7 mai 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mandat de dépôt à effet différé : motivation spéciale obligatoire pour l&#8217;exécution provisoire (Cons. const. 30 avril 2026, n° 2026-1195 QPC)</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/mded-execution-provisoire-motivation-qpc-2026-1195/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 08:48:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[article 464-2 CPP]]></category>
		<category><![CDATA[avocat pénaliste]]></category>
		<category><![CDATA[conseil constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[droit pénal Nice]]></category>
		<category><![CDATA[exécution provisoire]]></category>
		<category><![CDATA[mandat de dépôt à effet différé]]></category>
		<category><![CDATA[MDED]]></category>
		<category><![CDATA[motivation spéciale]]></category>
		<category><![CDATA[QPC 2026-1195]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10518</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par sa décision du 30 avril 2026 (n° 2026-1195 QPC), le Conseil constitutionnel impose au tribunal correctionnel une motivation spéciale lorsqu'il assortit le mandat de dépôt à effet différé de l'exécution provisoire. Une réserve d'interprétation qui renforce la défense des justiciables. Décryptage par le cabinet 21Avocats à Nice.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/mded-execution-provisoire-motivation-qpc-2026-1195/">Mandat de dépôt à effet différé : motivation spéciale obligatoire pour l&rsquo;exécution provisoire (Cons. const. 30 avril 2026, n° 2026-1195 QPC)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mded-execution-provisoire-conseil-constitutionnel-2-1024x683.webp" alt="" class="wp-image-10525" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mded-execution-provisoire-conseil-constitutionnel-2-1024x683.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mded-execution-provisoire-conseil-constitutionnel-2-300x200.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mded-execution-provisoire-conseil-constitutionnel-2-768x512.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/05/mded-execution-provisoire-conseil-constitutionnel-2.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong>&nbsp;Par une décision du&nbsp;<strong>30 avril 2026</strong>&nbsp;(Cons. const., 30 avr. 2026, n°&nbsp;<strong>2026-1195 QPC</strong>, M. Yves R., ECLI:FR:CC:2026:2026.1195.QPC), le Conseil constitutionnel déclare conforme à la Constitution le paragraphe IV de l&rsquo;<strong>article 464-2 du Code de procédure pénale</strong>, mais sous une importante&nbsp;<strong>réserve d&rsquo;interprétation</strong>. Le tribunal correctionnel doit désormais&nbsp;<strong>motiver spécialement</strong>&nbsp;sa décision d&rsquo;assortir le&nbsp;<strong>mandat de dépôt à effet différé</strong>&nbsp;(MDED) de l&rsquo;<strong>exécution provisoire</strong>. Cette réserve s&rsquo;applique uniquement aux affaires dont la juridiction est saisie après la publication de la décision.</p>



<p class="txt-justify">Vous faites l&rsquo;objet d&rsquo;un&nbsp;<strong>mandat de dépôt à effet différé</strong>&nbsp;assorti de l&rsquo;exécution provisoire à Nice ou Grasse, ou vous envisagez un appel après une condamnation correctionnelle ?&nbsp;<strong><a href="/personnel/rudy-cohen/">Maître Rudy COHEN</a></strong>, avocat pénaliste au Barreau de Nice, peut intervenir rapidement pour analyser la motivation du jugement et exercer les voies de recours utiles. Contactez sans délai le cabinet :&nbsp;<strong><a href="/nous-contacter/">nous contacter</a></strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#decision-bref">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#contexte">Contexte : ce que l&rsquo;on peut retenir de l&rsquo;affaire</a></li>



<li><a href="#mded-rappel">Le mandat de dépôt à effet différé : rappel du mécanisme</a></li>



<li><a href="#reserve">La réserve d&rsquo;interprétation : une motivation spéciale obligatoire</a></li>



<li><a href="#portee-pratique">Portée pratique : ce qui change pour la défense pénale</a></li>



<li><a href="#faq">FAQ</a></li>



<li><a href="#aller-plus-loin">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#sources">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="decision-bref">1) La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel statue sur la conformité à la Constitution du paragraphe IV de l&rsquo;<strong>article 464-2 du Code de procédure pénale</strong>, dans sa rédaction issue de la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 d&rsquo;orientation et de programmation du ministère de la justice. Ce texte autorise le tribunal correctionnel à assortir le&nbsp;<strong>mandat de dépôt à effet différé</strong>&nbsp;de l&rsquo;<strong>exécution provisoire</strong>&nbsp;dans les cas prévus aux articles 397-4, 465 et 465-1 du même code. La Cour de cassation transmet la QPC le 28 janvier 2026 (Cass. crim., 28 janv. 2026, n° 261).</p>



<p class="txt-justify">Le requérant soutient que le texte expose la personne condamnée à un risque d&rsquo;<strong>arbitraire</strong>, faute de prévoir une obligation de motivation. Par conséquent, il invoque la méconnaissance des principes de&nbsp;<strong>nécessité</strong>, de&nbsp;<strong>légalité</strong>&nbsp;et d&rsquo;<strong>individualisation des peines</strong>&nbsp;ainsi que du principe d&rsquo;égalité.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Solution</strong>&nbsp;: conformité à la Constitution&nbsp;<strong>sous réserve d&rsquo;interprétation</strong>.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Réserve</strong>&nbsp;: le juge doit&nbsp;<strong>motiver spécialement</strong>&nbsp;sa décision sur le caractère&nbsp;<strong>proportionné de l&rsquo;atteinte</strong>&nbsp;portée à un droit ou une liberté constitutionnellement garanti.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Application dans le temps</strong>&nbsp;: la réserve ne joue que pour les&nbsp;<strong>affaires dont la juridiction est saisie postérieurement</strong>&nbsp;à la publication de la décision.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Filiation jurisprudentielle</strong>&nbsp;: la solution s&rsquo;inscrit dans le droit-fil de la décision n°&nbsp;<strong>2025-1175 QPC du 5 décembre 2025</strong>&nbsp;(M. Bernard P.) sur l&rsquo;exécution provisoire des sanctions pénales (article 471 CPP).</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="contexte">2) Contexte : ce que l&rsquo;on peut retenir de l&rsquo;affaire</h2>



<p class="txt-justify">Tout d&rsquo;abord, il convient de rappeler le contexte. La loi du 20 novembre 2023 a réécrit le régime du&nbsp;<strong>mandat de dépôt à effet différé</strong>&nbsp;en élargissant les hypothèses dans lesquelles le tribunal correctionnel peut l&rsquo;assortir de l&rsquo;<strong>exécution provisoire</strong>. Cette modalité produit un effet considérable. En effet, le condamné est incarcéré à la date fixée par le tribunal,&nbsp;<strong>même s&rsquo;il interjette appel ou forme un pourvoi en cassation</strong>.</p>



<p class="txt-justify">Or, jusqu&rsquo;à la décision commentée, la jurisprudence de la Cour de cassation n&rsquo;imposait&nbsp;<strong>aucune obligation de motivation spécifique</strong>&nbsp;à cette décision d&rsquo;exécution provisoire. La chambre criminelle estimait que l&rsquo;objectif d&rsquo;efficacité de la peine et de prévention de la récidive justifiait cette absence de motivation. C&rsquo;est précisément ce point que le Conseil constitutionnel vient remettre en cause.</p>



<p class="txt-justify">Par ailleurs, la décision intervient dans un contexte jurisprudentiel marqué par la décision n°&nbsp;<strong>2025-1175 QPC du 5 décembre 2025</strong>. Dans cette affaire, le Conseil avait déjà imposé une motivation spéciale pour l&rsquo;exécution provisoire des peines prononcées sur le fondement de l&rsquo;article 471 du CPP. La décision du 30 avril 2026 prolonge donc cette dynamique au cas particulier du MDED.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="mded-rappel">3) Le mandat de dépôt à effet différé : rappel du mécanisme</h2>



<p class="txt-justify">Pour bien comprendre l&rsquo;enjeu, il faut revenir sur le mécanisme du&nbsp;<strong>MDED</strong>. Concrètement, l&rsquo;<a href="/glossaire/penal/mandat-de-depot/">mandat de dépôt</a>&nbsp;à effet différé permet au&nbsp;<a href="/glossaire/penal/tribunal-correctionnel/">tribunal correctionnel</a>&nbsp;de prononcer une&nbsp;<a href="/glossaire/penal/peine/">peine</a>&nbsp;d&#8217;emprisonnement ferme tout en reportant l&rsquo;incarcération à une date ultérieure à l&rsquo;audience. Autrement dit, le condamné quitte libre le tribunal et se présente, à la date fixée, pour exécuter sa peine.</p>



<p class="txt-justify">En principe, l&rsquo;exercice des voies de recours, notamment l&rsquo;<a href="/glossaire/penal/appel/">appel</a>, fait obstacle à la mise à exécution du MDED. Cependant, l&rsquo;article 464-2, IV du CPP introduit une dérogation. Dans certaines hypothèses précises (comparution immédiate au sens de l&rsquo;<a href="/glossaire/penal/comparution-immediate/">article 397-4</a>, mandat de dépôt à l&rsquo;audience selon les articles 465 et 465-1), le tribunal peut décider que le MDED s&rsquo;exécute provisoirement. Dès lors, l&rsquo;appel ou le&nbsp;<a href="/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation/">pourvoi en cassation</a>&nbsp;ne suspend pas l&rsquo;incarcération.</p>



<p class="txt-justify">De ce fait, le condamné est privé de liberté avant même que sa condamnation soit définitive. C&rsquo;est cette atteinte à la&nbsp;<strong>liberté individuelle</strong>&nbsp;qui se trouve au cœur de la QPC.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="reserve">4) La réserve d&rsquo;interprétation : une motivation spéciale obligatoire</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel rappelle d&rsquo;abord les exigences constitutionnelles. En effet, les articles 7, 8 et 9 de la Déclaration des droits de l&rsquo;homme et du citoyen de 1789 imposent au législateur d&rsquo;exclure l&rsquo;arbitraire dans le prononcé et l&rsquo;exécution des peines. Le&nbsp;<strong>principe d&rsquo;individualisation des peines</strong>, qui découle de l&rsquo;article 8 de la Déclaration, impose la motivation des jugements pour la culpabilité comme pour la peine.</p>



<p class="txt-justify">Ensuite, le Conseil souligne que l&rsquo;exécution provisoire du MDED concerne une personne&nbsp;<strong>qui n&rsquo;est pas définitivement condamnée</strong>. Or, la mesure porte atteinte à la liberté individuelle, droit fondamental. C&rsquo;est pourquoi le juge doit pouvoir contrôler la proportionnalité de cette atteinte.</p>



<p>Par conséquent, le Conseil énonce la réserve suivante (paragraphe 8) :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Sauf à méconnaître le principe d&rsquo;individualisation des peines, il revient au juge d&rsquo;apprécier, en motivant spécialement sa décision sur ce point, le caractère proportionné de l&rsquo;atteinte que l&rsquo;exécution provisoire du mandat de dépôt à effet différé est susceptible de porter à un droit ou une liberté que la Constitution garantit. »</p>
</blockquote>



<p class="txt-justify">Concrètement, cette motivation doit s&rsquo;appuyer sur des éléments&nbsp;<strong>contradictoirement discutés</strong>, le cas échéant à l&rsquo;initiative du juge. De plus, elle doit tenir compte :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">des&nbsp;<strong>circonstances de l&rsquo;infraction</strong>&nbsp;(gravité, modalités, contexte) ;</li>



<li class="txt-justify">de la&nbsp;<strong>personnalité de l&rsquo;auteur</strong>&nbsp;(antécédents, profil, parcours) ;</li>



<li class="txt-justify">de sa&nbsp;<strong>situation matérielle, familiale et sociale</strong>&nbsp;(emploi, charges familiales, logement, santé).</li>
</ul>



<p class="txt-justify">En outre, la portée temporelle de la réserve est strictement encadrée. Le Conseil retient en effet que son application immédiate aurait des conséquences manifestement excessives au regard de l&rsquo;objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l&rsquo;ordre public. Dès lors, la réserve ne s&rsquo;applique qu&rsquo;aux&nbsp;<strong>affaires dont la juridiction de jugement est saisie postérieurement à la date de publication de la décision</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="portee-pratique">5) Portée pratique : ce qui change pour la défense pénale</h2>



<p class="txt-justify">Pour les avocats pénalistes et les justiciables, la décision a des conséquences très concrètes. Tout d&rsquo;abord, dès lors qu&rsquo;une affaire est saisie après la publication de la décision (publication au Journal officiel), tout jugement assortissant un MDED de l&rsquo;exécution provisoire devra comporter une<strong> motivation spéciale</strong>. </p>



<p class="txt-justify">Ensuite, la défense doit anticiper le débat. En effet, la motivation reposant sur des éléments contradictoirement discutés, l&rsquo;avocat doit produire au dossier tous les éléments utiles : situation familiale, professionnelle, sanitaire, perspectives d&rsquo;<a href="/glossaire/penal/amenagement-de-peine/">aménagement de peine</a>, garanties de représentation. Ces pièces permettront au juge d&rsquo;apprécier le caractère proportionné de l&rsquo;atteinte.</p>



<p class="txt-justify">Par ailleurs, en cas d&rsquo;exécution provisoire prononcée sans motivation spéciale, plusieurs leviers procéduraux deviennent envisageables :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">l&rsquo;<strong>appel</strong>&nbsp;du jugement avec&nbsp;<strong>demande de mise en liberté</strong>&nbsp;devant la chambre des appels correctionnels ;</li>



<li class="txt-justify">la saisine, le cas échéant, du&nbsp;<a href="/glossaire/penal/jld/">juge des libertés et de la détention</a>&nbsp;dans les cas où sa compétence est ouverte ;</li>



<li class="txt-justify">le moyen de cassation tiré de la&nbsp;<strong>méconnaissance de la réserve d&rsquo;interprétation</strong>&nbsp;imposée par le Conseil constitutionnel.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">Enfin, du côté du parquet et des juridictions, il est probable que des trames de motivation soient diffusées rapidement afin de sécuriser la pratique. Toutefois, la motivation doit rester individualisée. Une motivation stéréotypée méconnaîtrait l&rsquo;esprit de la réserve constitutionnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="faq">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce que le mandat de dépôt à effet différé (MDED) ?</h3>



<p class="txt-justify">Le MDED est une décision par laquelle le tribunal correctionnel prononce une peine d&#8217;emprisonnement ferme tout en différant l&rsquo;incarcération à une date ultérieure à l&rsquo;audience. Il est régi par l&rsquo;<a href="/glossaire/penal/mandat-de-depot/">article 464-2 du Code de procédure pénale</a>. Le condamné quitte ainsi le tribunal libre et se présente, à la date fixée, pour exécuter sa peine.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quand le tribunal peut-il assortir le MDED de l&rsquo;exécution provisoire ?</h3>



<p class="txt-justify">Le IV de l&rsquo;article 464-2 CPP autorise l&rsquo;exécution provisoire dans les cas visés aux articles 397-4 (<a href="/glossaire/penal/comparution-immediate/">comparution immédiate</a>), 465 et 465-1 du CPP. L&rsquo;exécution provisoire signifie que l&rsquo;incarcération a lieu à la date fixée, même si le condamné fait&nbsp;<a href="/glossaire/penal/appel/">appel</a>&nbsp;ou forme un pourvoi en cassation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que change la décision QPC du 30 avril 2026 ?</h3>



<p class="txt-justify">Désormais, le tribunal doit motiver spécialement le caractère proportionné de l&rsquo;atteinte portée à la liberté individuelle par l&rsquo;exécution provisoire du MDED. Cette obligation s&rsquo;apprécie au regard des circonstances de l&rsquo;infraction, de la personnalité de l&rsquo;auteur et de sa situation personnelle. La réserve s&rsquo;applique aux affaires saisies après la publication de la décision.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelles voies de recours en cas d&rsquo;exécution provisoire d&rsquo;un MDED ?</h3>



<p class="txt-justify">Il est possible d&rsquo;interjeter&nbsp;<a href="/glossaire/penal/appel/">appel</a>&nbsp;du jugement et de présenter, devant la chambre des appels correctionnels, une demande de mise en liberté. À plus long terme, un&nbsp;<a href="/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation/">pourvoi en cassation</a>&nbsp;peut être envisagé. Toutefois, ces recours ne suspendent pas l&rsquo;incarcération en présence d&rsquo;une exécution provisoire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Faut-il un avocat pour contester un MDED avec exécution provisoire ?</h3>



<p class="txt-justify">Oui, l&rsquo;assistance d&rsquo;un avocat pénaliste est vivement recommandée. La technicité des règles de procédure, l&rsquo;urgence de la situation et l&rsquo;enjeu de liberté justifient une intervention rapide.&nbsp;<strong><a href="/personnel/rudy-cohen/">Maître Rudy COHEN</a></strong>, avocat pénaliste à Nice, intervient en urgence dans ces dossiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="aller-plus-loin">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Droit pénal — domaine de compétences</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/">Urgence droit pénal — intervention rapide</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/amenagement-de-peine/">Aménagement de peine</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/mandat-de-depot/">Glossaire : mandat de dépôt</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/detention-provisoire/">Glossaire : détention provisoire</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/appel/">Glossaire : appel en matière pénale</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation/">Glossaire : pourvoi en cassation</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/comparution-immediate/">Glossaire : comparution immédiate</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="sources">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">Cons. const., 30 avr. 2026, n°&nbsp;<strong>2026-1195 QPC</strong>, M. Yves R., ECLI:FR:CC:2026:2026.1195.QPC —&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20261195QPC.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Texte intégral sur conseil-constitutionnel.fr</a></li>



<li class="txt-justify">Communiqué de presse du Conseil constitutionnel —&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2026-1195-qpc-du-30-avril-2026-communique-de-presse" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lire le communiqué</a></li>



<li class="txt-justify">Cons. const., 5 déc. 2025, n°&nbsp;<strong>2025-1175 QPC</strong>, M. Bernard P. (précédent sur l&rsquo;exécution provisoire des sanctions pénales — article 471 CPP) —&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/20251175QPC.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Texte intégral</a></li>



<li class="txt-justify"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048442230">Article 464-2 du Code de procédure pénale</a>. </li>



<li class="txt-justify">Cass. crim., 28 janv. 2026, n° 261, arrêt de renvoi de la QPC </li>
</ul>



<p><em>Information générale, ne remplace pas une consultation. Pour une analyse de votre situation :&nbsp;<strong><a href="/nous-contacter/">contactez le cabinet</a></strong>.</em><br>↑&nbsp;<a href="#sommaire">Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/mded-execution-provisoire-motivation-qpc-2026-1195/">Mandat de dépôt à effet différé : motivation spéciale obligatoire pour l&rsquo;exécution provisoire (Cons. const. 30 avril 2026, n° 2026-1195 QPC)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Détention du mineur après condamnation aux assises : QPC du 17 avril 2026</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/detention-mineur-condamnation-assises-qpc-17-avril-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Apr 2026 10:59:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[CJPM]]></category>
		<category><![CDATA[conseil constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[cour d'assises des mineurs]]></category>
		<category><![CDATA[détention provisoire]]></category>
		<category><![CDATA[jurisprudence 2026]]></category>
		<category><![CDATA[justice pénale des mineurs]]></category>
		<category><![CDATA[PFRLR]]></category>
		<category><![CDATA[QPC]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10451</guid>

					<description><![CDATA[<p> Le Conseil constitutionnel valide sous réserve le maintien en détention du mineur condamné par la cour d'assises, mais censure les durées de détention provisoire en appel applicables aux mineurs. Analyse de la QPC 2026-1194 du 17 avril 2026.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/detention-mineur-condamnation-assises-qpc-17-avril-2026/">Détention du mineur après condamnation aux assises : QPC du 17 avril 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="655" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/qpc-detention-mineur-assises-conseil-constitutionnel-1024x655.webp" alt="" class="wp-image-10475" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/qpc-detention-mineur-assises-conseil-constitutionnel-1024x655.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/qpc-detention-mineur-assises-conseil-constitutionnel-300x192.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/qpc-detention-mineur-assises-conseil-constitutionnel-768x492.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/qpc-detention-mineur-assises-conseil-constitutionnel.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong>&nbsp;Le Conseil constitutionnel pose une&nbsp;<strong>réserve d&rsquo;interprétation</strong>&nbsp;sur le placement automatique en détention du&nbsp;<strong>mineur</strong>&nbsp;condamné par la&nbsp;<strong><a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal/cour-assises-avocat-nice/">cour d&rsquo;assises</a> des mineurs</strong>&nbsp;(article L. 231-7 du CJPM). En revanche, il déclare&nbsp;<strong>contraire à la Constitution</strong>&nbsp;le renvoi du CJPM aux durées applicables aux majeurs pour la <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/detention-provisoire/">détention provisoire</a> en appel (article L. 531-2). L&rsquo;abrogation des dispositions censurées est différée au&nbsp;<strong>31 octobre 2027</strong>&nbsp;(Cons. const., 17 avril 2026, n° 2026-1194 QPC, M. Sawran S.).</p>



<p class="txt-justify">Besoin d&rsquo;un avocat en&nbsp;<strong>droit pénal</strong>&nbsp;à Nice ou Grasse, notamment pour la défense d&rsquo;un mineur ou d&rsquo;un majeur jugé aux assises des mineurs ?&nbsp;<a href="/personnel/rudy-cohen/"><strong>Maître Rudy COHEN</strong></a>&nbsp;peut intervenir rapidement, ou contactez le cabinet :&nbsp;<a href="/nous-contacter/"><strong>nous contacter</strong></a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#section-1">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#section-2">Contexte : une QPC sur la détention du mineur après assises</a></li>



<li><a href="#section-3">Les textes en cause : articles L. 231-7 et L. 531-2 du CJPM</a></li>



<li><a href="#section-4">Le maintien en détention après condamnation : conformité sous réserve</a></li>



<li><a href="#section-5">La durée de détention provisoire en appel : non-conformité</a></li>



<li><a href="#section-6">L&rsquo;effet différé au 31 octobre 2027 et l&rsquo;absence de rétroactivité</a></li>



<li><a href="#section-7">Portée pratique pour la défense des mineurs</a></li>



<li><a href="#section-8">FAQ</a></li>



<li><a href="#section-9">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#section-10">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-1">1) La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel rend une décision à trois branches. D&rsquo;abord, il valide le principe du maintien automatique en détention du mineur condamné par la cour d&rsquo;assises des mineurs, mais sous&nbsp;<strong>réserve d&rsquo;interprétation</strong>. Ensuite, il censure les durées maximales de détention provisoire applicables au mineur en appel. Enfin, il diffère l&rsquo;effet de cette abrogation au 31 octobre 2027.</p>



<p>Les points clés à retenir :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">La saisine résulte d&rsquo;un arrêt de renvoi de la Cour de cassation, chambre criminelle, du 28 janvier 2026 (arrêt n° 260).</li>



<li class="txt-justify">La QPC portait sur les articles L. 231-7 et L. 531-2 du&nbsp;<strong>code de la justice pénale des mineurs</strong>&nbsp;(CJPM), issus de l&rsquo;ordonnance n° 2019-950 du 11 septembre 2019.</li>



<li class="txt-justify">Le Conseil s&rsquo;est fondé sur le&nbsp;<strong>principe fondamental reconnu par les lois de la République</strong>&nbsp;en matière de justice des mineurs.</li>



<li class="txt-justify">Il valide le maintien en détention après condamnation, mais uniquement sous réserve d&rsquo;un contrôle concret de sa nécessité par la cour d&rsquo;assises.</li>



<li class="txt-justify">Il juge contraires à la Constitution les durées d&rsquo;un an, six mois et la prolongation renouvelable une fois, telles qu&rsquo;elles résultent du renvoi à l&rsquo;article 380-3-1 du CPP.</li>



<li class="txt-justify">L&rsquo;abrogation est reportée au 31 octobre 2027 pour éviter une absence totale d&rsquo;encadrement légal.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-2">2) Contexte : une QPC sur la détention du mineur après assises</h2>



<p class="txt-justify">La question prioritaire de constitutionnalité est posée pour M. Sawran S. par Me Antonin Gravelin-Rodriguez et Me Laure Mazurier, avocats au barreau de Paris. La Cour de cassation la transmet au Conseil constitutionnel par arrêt n° 260 du 28 janvier 2026.</p>



<p class="txt-justify">Le requérant reproche aux dispositions critiquées d&rsquo;imposer au mineur d&rsquo;au moins seize ans un&nbsp;<strong>maintien automatique en détention provisoire</strong>&nbsp;lorsque la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/cour-dassises/">cour d&rsquo;assises des mineurs</a>&nbsp;le condamne à une peine d&#8217;emprisonnement ferme. Concrètement, l&rsquo;arrêt vaut titre de détention, y compris en cas d&rsquo;<a href="/glossaire/penal/appel/">appel</a>. De plus, aucun débat contradictoire spécifique sur la détention n&rsquo;est prévu. Par ailleurs, le mineur peut être maintenu en détention, dans l&rsquo;attente du jugement d&rsquo;appel, pendant les mêmes durées qu&rsquo;un majeur.</p>



<p class="txt-justify">La critique repose sur un fondement précis : le principe fondamental reconnu par les lois de la République (PFRLR) en matière de justice des mineurs. Ce principe impose la recherche du relèvement éducatif et moral de l&rsquo;enfant. Il commande aussi des garanties particulières pour toute mesure privative de liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-3">3) Les textes en cause : articles L. 231-7 et L. 531-2 du CJPM</h2>



<p class="txt-justify">Deux dispositions du code de la justice pénale des mineurs sont au cœur du débat.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Article L. 231-7 CJPM</strong>&nbsp;: « Les dispositions du code de procédure pénale relatives à la cour d&rsquo;assises sont applicables à la cour d&rsquo;assises des mineurs, sous réserve des dispositions du présent code. » Ce renvoi englobe notamment l&rsquo;article 367 CPP. Celui-ci prévoit que l&rsquo;arrêt de condamnation vaut titre de détention lorsque l&rsquo;accusé « comparaît détenu devant la cour d&rsquo;assises ».</p>



<p class="txt-justify"><strong>Article L. 531-2 CJPM</strong>&nbsp;: il rend applicables les dispositions du code de procédure pénale aux appels portés contre les arrêts de la cour d&rsquo;assises des mineurs. En particulier, l&rsquo;article 380-3-1 CPP fixe les durées maximales de la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/detention-provisoire/">détention provisoire</a>&nbsp;dans l&rsquo;attente du jugement d&rsquo;appel : un an en principe, prolongation possible de six mois, elle-même renouvelable une fois.</p>



<p class="txt-justify">Ainsi, par un jeu de renvois au droit commun applicable aux majeurs, le mineur se trouvait exposé à une détention provisoire pouvant atteindre un an, deux ans avec prolongation, voire trois ans dans certaines hypothèses.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-4">4) Le maintien en détention après condamnation : conformité sous réserve</h2>



<p class="txt-justify">Sur le premier volet, le Conseil constitutionnel valide le dispositif. Il pose néanmoins une&nbsp;<strong>réserve d&rsquo;interprétation</strong>&nbsp;importante.</p>



<p class="txt-justify">En premier lieu, le Conseil rappelle l&rsquo;objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l&rsquo;ordre public. Il en déduit que le législateur peut prévoir le maintien en détention du mineur d&rsquo;au moins seize ans condamné à une peine ferme non couverte par la détention provisoire.</p>



<p class="txt-justify">En deuxième lieu, il relève que plusieurs garanties existent déjà. D&rsquo;une part, la décision de la cour d&rsquo;assises doit être&nbsp;<strong>spécialement motivée</strong>&nbsp;(article L. 123-1 CJPM). D&rsquo;autre part, le mineur conserve le droit de former une&nbsp;<a href="/glossaire/penal/demande-mise-en-liberte/">demande de mise en liberté</a>&nbsp;à tout moment (articles 148-1 et 148-2 CPP).</p>



<p class="txt-justify">Toutefois, le Conseil impose une réserve. Pour ne pas méconnaître le PFRLR, la cour d&rsquo;assises des mineurs doit, dans sa décision :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">Vérifier que le maintien en détention n&rsquo;excède pas la&nbsp;<strong>rigueur nécessaire</strong>.</li>



<li class="txt-justify">Tenir compte des circonstances, de la situation personnelle du mineur et de la gravité des infractions.</li>



<li class="txt-justify">S&rsquo;il y a lieu, prononcer une&nbsp;<strong>autre mesure de sûreté adaptée</strong>&nbsp;à la situation du mineur.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">Dès lors, sous cette réserve, le renvoi opéré par l&rsquo;article L. 231-7 CJPM à l&rsquo;article 367 CPP est déclaré conforme à la Constitution. Concrètement, la cour d&rsquo;assises des mineurs ne peut plus se contenter d&rsquo;une application automatique du maintien en détention. Elle devra motiver spécifiquement la nécessité de cette mesure au regard du profil du mineur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-5">5) La durée de détention provisoire en appel : non-conformité</h2>



<p class="txt-justify">Sur le second volet, le Conseil censure franchement le dispositif. Le renvoi opéré par l&rsquo;article L. 531-2 CJPM à l&rsquo;article 380-3-1 CPP est jugé&nbsp;<strong>contraire à la Constitution</strong>.</p>



<p class="txt-justify">Le raisonnement est clair. L&rsquo;article 380-3-1 CPP fixe la durée maximale de la détention provisoire du mis en cause jugé en appel aux assises. Il prévoit un an de principe, renouvelable pour six mois, eux-mêmes renouvelables une fois. Cette durée peut donc atteindre trois ans dans certains cas.</p>



<p class="txt-justify">Or, le CJPM ne prévoit&nbsp;<strong>aucune adaptation</strong>&nbsp;de ces durées pour les mineurs. Autrement dit, un mineur en attente d&rsquo;un jugement d&rsquo;appel aux assises peut subir la même durée de détention provisoire qu&rsquo;un majeur. Pour le Conseil, cette absence d&rsquo;adaptation méconnaît les exigences du PFRLR en matière de justice des mineurs.</p>



<p class="txt-justify">Concrètement, la censure porte sur :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">Les mots « un an » figurant au premier alinéa et à la dernière phrase du deuxième alinéa de l&rsquo;article 380-3-1 CPP.</li>



<li class="txt-justify">Les mots « six mois » figurant à la première et à la dernière phrase du même deuxième alinéa.</li>



<li class="txt-justify">Les mots « Cette prolongation peut être renouvelée une fois » figurant à la troisième phrase de ce deuxième alinéa.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">Par conséquent, dans leur application aux mineurs via l&rsquo;article L. 531-2 CJPM, ces durées disparaissent du paysage juridique. Le législateur devra les remplacer par un régime adapté.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-6">6) L&rsquo;effet différé au 31 octobre 2027 et l&rsquo;absence de rétroactivité</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel exerce son pouvoir de modulation dans le temps. L&rsquo;article 62 de la Constitution le lui permet expressément.</p>



<p class="txt-justify">En effet, une abrogation immédiate aurait une conséquence paradoxale. Elle supprimerait tout délai maximal encadrant la comparution du mineur devant la cour d&rsquo;assises d&rsquo;appel. Autrement dit, la détention provisoire ne serait plus bornée par aucune durée. De ce fait, le Conseil juge les effets d&rsquo;une abrogation immédiate « manifestement excessifs ».</p>



<p class="txt-justify">Par conséquent, il reporte l&rsquo;abrogation au&nbsp;<strong>31 octobre 2027</strong>. D&rsquo;ici cette date, le législateur doit adopter un dispositif adapté aux mineurs. Il pourra s&rsquo;inspirer des durées plus courtes déjà prévues dans d&rsquo;autres régimes dédiés aux mineurs.</p>



<p class="txt-justify">En outre, la décision précise que les mesures prises avant le 31 octobre 2027 en application des dispositions censurées ne peuvent pas être contestées sur le fondement de cette inconstitutionnalité. Autrement dit, il n&rsquo;y a pas de&nbsp;<strong>rétroactivité</strong>. La non-conformité ne fait pas tomber les détentions en cours ou passées.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-7">7) Portée pratique pour la défense des mineurs</h2>



<p class="txt-justify">La décision a plusieurs conséquences directes pour la défense pénale des mineurs.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Devant la cour d&rsquo;assises des mineurs.</strong>&nbsp;La défense peut désormais invoquer la réserve d&rsquo;interprétation. La juridiction doit, dans sa décision, vérifier concrètement que le maintien en détention n&rsquo;excède pas la rigueur nécessaire. L&rsquo;avocat plaidera utilement pour une mesure de sûreté alternative lorsque les circonstances le permettent.</p>



<p class="txt-justify"><strong>En appel.</strong>&nbsp;Jusqu&rsquo;au 31 octobre 2027, les durées de détention provisoire applicables au majeur continuent de s&rsquo;appliquer au mineur. Toutefois, la défense peut mobiliser la décision du Conseil pour solliciter une application raisonnable et proportionnée de ces durées, en invitant les juges à anticiper la réforme législative.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Sur la motivation des décisions.</strong>&nbsp;La cour d&rsquo;assises des mineurs devra désormais motiver spécialement le maintien en détention. À défaut, la décision pourra être critiquée en cassation. La réserve d&rsquo;interprétation posée par le Conseil conditionne la conformité du dispositif.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Demandes de mise en liberté.</strong>&nbsp;La décision rappelle la possibilité permanente, pour le mineur, de solliciter une mise en liberté en toute période de la procédure. Cette voie reste un outil central de la défense.</p>



<p class="txt-justify">Enfin, la décision s&rsquo;inscrit dans une tendance plus large. Elle confirme que le Conseil veille activement sur les garanties spécifiques dues aux mineurs. Le PFRLR irrigue désormais l&rsquo;ensemble du contentieux constitutionnel relatif au CJPM.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-8">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une réserve d&rsquo;interprétation ?</h3>



<p class="txt-justify">Il s&rsquo;agit d&rsquo;une technique par laquelle le Conseil constitutionnel valide un texte tout en précisant une condition d&rsquo;application obligatoire. La disposition n&rsquo;est conforme qu&rsquo;à condition d&rsquo;être interprétée dans le sens retenu par le Conseil. Les juridictions doivent appliquer cette réserve.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que devient la détention en cours d&rsquo;un mineur condamné par la cour d&rsquo;assises ?</h3>



<p class="txt-justify">La décision n&rsquo;a pas d&rsquo;effet rétroactif. Les mesures prises avant le 31 octobre 2027 ne peuvent pas être contestées sur le fondement de l&rsquo;inconstitutionnalité. Toutefois, le mineur peut toujours former une demande de mise en liberté sur le fondement des articles 148-1 et 148-2 CPP.</p>



<h3 class="wp-block-heading">À quoi sert le principe fondamental reconnu par les lois de la République en matière de justice des mineurs ?</h3>



<p class="txt-justify">Ce principe impose la recherche du relèvement éducatif et moral de l&rsquo;enfant. Il commande aussi des juridictions spécialisées et des procédures adaptées. Il constitue la clé de voûte du contrôle constitutionnel en matière de&nbsp;<a href="/glossaire/penal/droit-penal-des-mineurs/">droit pénal des mineurs</a>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelle sera la durée maximale de détention provisoire en appel pour un mineur après le 31 octobre 2027 ?</h3>



<p class="txt-justify">Cela dépendra de la réforme législative. Le Parlement doit adopter un nouveau régime avant cette date. À défaut, les durées censurées disparaîtront, et aucune durée maximale spécifique ne sera prévue pour les mineurs jugés aux assises d&rsquo;appel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Cette décision concerne-t-elle les mineurs de moins de seize ans ?</h3>



<p class="txt-justify">La décision vise principalement le régime applicable aux mineurs d&rsquo;au moins seize ans. Toutefois, la logique du principe fondamental reconnu par les lois de la République s&rsquo;applique à l&rsquo;ensemble de la justice pénale des mineurs. En outre, la détention provisoire reste, en principe, plus strictement encadrée pour les mineurs plus jeunes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-9">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Droit pénal — défense des mineurs et des majeurs</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/">Urgence droit pénal — intervention immédiate</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/amenagement-de-peine/">Aménagement de peine</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/droit-penal-des-mineurs/">Droit pénal des mineurs (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/cour-dassises/">Cour d&rsquo;assises (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/detention-provisoire/">Détention provisoire (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/demande-mise-en-liberte/">Demande de mise en liberté (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/appel/">Appel (fiche glossaire)</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-10">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Cons. const., 17 avril 2026, n° 2026-1194 QPC</strong>, M. Sawran S. [Maintien en détention provisoire d&rsquo;un mineur condamné par la cour d&rsquo;assises des mineurs en cas d&rsquo;appel] —&nbsp;<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20261194QPC.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">conseil-constitutionnel.fr</a>&nbsp;(ECLI : FR : CC : 2026 : 2026.1194.QPC).</li>



<li>Code de la justice pénale des mineurs,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039088061" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article L. 231-7</a>&nbsp;— applicabilité du CPP à la cour d&rsquo;assises des mineurs.</li>



<li>Code de la justice pénale des mineurs,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039088473" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article L. 531-2</a>&nbsp;— appel des arrêts de la cour d&rsquo;assises des mineurs.</li>



<li>Code de la justice pénale des mineurs,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039088013" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article L. 123-1</a>&nbsp;— motivation spéciale des peines d&#8217;emprisonnement.</li>



<li>Code de procédure pénale,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048441580" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 367</a>&nbsp;— arrêt de la cour d&rsquo;assises valant titre de détention.</li>



<li>Code de procédure pénale,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044568421" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 380-3-1</a>&nbsp;— durée maximale de la détention provisoire en appel.</li>



<li>Code de procédure pénale,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000024445527" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 148-1</a>&nbsp;— droit de demander la mise en liberté.</li>



<li>Code de procédure pénale,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051751991" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 148-2</a>&nbsp;— examen de la demande de mise en liberté.</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000039085102" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ordonnance n° 2019-950 du 11 septembre 2019</a>&nbsp;portant partie législative du code de la justice pénale des mineurs.</li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043189286" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Loi n° 2021-218 du 26 février 2021</a>&nbsp;ratifiant l&rsquo;ordonnance n° 2019-950.</li>
</ul>



<p><em>Information générale, ne remplace pas une consultation. Pour une analyse de votre situation :&nbsp;<a href="/nous-contacter/"><strong>contactez le cabinet</strong></a>.</em></p>



<p><a href="#sommaire">↑ Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/detention-mineur-condamnation-assises-qpc-17-avril-2026/">Détention du mineur après condamnation aux assises : QPC du 17 avril 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nullité de la sonorisation : Cass. crim. 14 avril 2026 (n° 25-87.105)</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/nullite-sonorisation-cass-crim-14-avril-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 09:37:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[article 706-96 CPP]]></category>
		<category><![CDATA[chambre de l'instruction]]></category>
		<category><![CDATA[criminalité organisée]]></category>
		<category><![CDATA[jurisprudence 2026]]></category>
		<category><![CDATA[nullité de procédure]]></category>
		<category><![CDATA[sonorisation]]></category>
		<category><![CDATA[Trafic de stupéfiants]]></category>
		<category><![CDATA[vie privée]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10448</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Cour de cassation sanctionne la nullité de la sonorisation lorsque les enquêteurs maintiennent le dispositif en place entre deux autorisations sans le désactiver. Analyse de l'arrêt du 14 avril 2026 n° 25-87.105.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/nullite-sonorisation-cass-crim-14-avril-2026/">Nullité de la sonorisation : Cass. crim. 14 avril 2026 (n° 25-87.105)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/nullite-sonorisation-cour-cassation-2026-1024x683.webp" alt="Nullité de la sonorisation : dispositif d'écoute caché illustrant la décision Cass. crim. 14 avril 2026" class="wp-image-10470" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/nullite-sonorisation-cour-cassation-2026-1024x683.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/nullite-sonorisation-cour-cassation-2026-300x200.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/nullite-sonorisation-cour-cassation-2026-768x512.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/nullite-sonorisation-cour-cassation-2026.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong>&nbsp;La&nbsp;<strong><a href="https://www.21avocats.com/actualites/garde-a-vue-expert-opj-nullite-cass-crim-14-avril-2026/">nullité</a> de la sonorisation</strong>&nbsp;est encourue lorsque les enquêteurs maintiennent le dispositif en place entre deux autorisations. À l&rsquo;expiration de la mesure, ils doivent retirer le dispositif, à défaut, la désactivation doit ressortir des pièces de la procédure. Sinon, la&nbsp;<strong>vie privée</strong>&nbsp;de la personne concernée subit nécessairement une atteinte (Cass. crim., 14 avril 2026, n° 25-87.105, publié au Bulletin).</p>



<p class="txt-justify">Besoin d&rsquo;un avocat en&nbsp;<strong>droit pénal</strong>&nbsp;à Nice ou Grasse pour contester une sonorisation, une géolocalisation ou toute mesure intrusive d&rsquo;enquête ?&nbsp;<a href="/personnel/rudy-cohen/"><strong>Maître Rudy COHEN</strong></a>&nbsp;peut intervenir rapidement, ou contactez le cabinet :&nbsp;<a href="/nous-contacter/"><strong>nous contacter</strong></a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#section-1">La nullité de la sonorisation en bref</a></li>



<li><a href="#section-2">L&rsquo;affaire : une instruction pour trafic de stupéfiants</a></li>



<li><a href="#section-3">Le cadre légal de la sonorisation en procédure pénale</a></li>



<li><a href="#section-4">Le principe : retirer ou désactiver le dispositif de sonorisation</a></li>



<li><a href="#section-5">Pourquoi la cassation sur la nullité de la sonorisation ?</a></li>



<li><a href="#section-6">Les autres moyens du pourvoi écartés par la Cour</a></li>



<li><a href="#section-7">Contester une sonorisation : les réflexes de la défense</a></li>



<li><a href="#section-8">FAQ</a></li>



<li><a href="#section-9">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#section-10">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-1">1) La nullité de la sonorisation en bref</h2>



<p class="txt-justify">La Cour de cassation prononce une cassation partielle. Elle censure l&rsquo;arrêt de la chambre de l&rsquo;<a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/information-judiciaire-instruction/">instruction</a> d&rsquo;Amiens du 26 septembre 2025. Le dossier vise un mis en examen poursuivi pour trafic de stupéfiants. La récidive et l&rsquo;association de malfaiteurs aggravent les chefs.</p>



<p>Les points clés à retenir :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">La sonorisation s&rsquo;inscrit dans un cadre légal strict (articles 706-95-16, 706-95-17 et 706-96 CPP).</li>



<li class="txt-justify">À l&rsquo;échéance de l&rsquo;autorisation, les enquêteurs doivent retirer le dispositif.</li>



<li class="txt-justify">À défaut, ils peuvent le maintenir uniquement pour des contraintes techniques ou de sécurité.</li>



<li class="txt-justify">Dans ce cas, ils doivent désactiver le dispositif et documenter cette désactivation.</li>



<li class="txt-justify">En l&rsquo;absence de cette trace, la nullité de la sonorisation s&rsquo;impose automatiquement.</li>



<li class="txt-justify">Peu importe qu&rsquo;aucune écoute ne figure au dossier sur la période litigieuse.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-2">2) L&rsquo;affaire : une instruction pour trafic de stupéfiants</h2>



<p class="txt-justify">Le juge d&rsquo;instruction met en examen M. [K] [B] le 2 juillet 2024. Les chefs visent le&nbsp;<a href="/glossaire/penal/trafic-stupefiants/">trafic de stupéfiants</a>, l&rsquo;<a href="/glossaire/penal/association-de-malfaiteurs/">association de malfaiteurs</a>&nbsp;et plusieurs infractions connexes. La récidive aggrave l&rsquo;ensemble. Une&nbsp;<a href="/glossaire/penal/information-judiciaire-instruction/">information judiciaire</a>&nbsp;suit son cours.</p>



<p class="txt-justify">Le 27 novembre 2024, la défense dépose une requête en annulation. Elle soulève cinq moyens distincts. D&rsquo;abord, les réquisitions aux opérateurs de téléphonie. Ensuite, l&rsquo;autorisation de vidéosurveillance sur la voie publique. En outre, l&rsquo;autorisation de sonorisation renouvelée le 11 juin 2024. Par ailleurs, un quatrième moyen non admis. Enfin, les ordonnances autorisant des perquisitions nocturnes.</p>



<p class="txt-justify">La chambre de l&rsquo;instruction d&rsquo;Amiens rejette toutes les nullités. La défense forme alors un pourvoi. Par ordonnance du 1er décembre 2025, le président de la chambre criminelle ordonne l&rsquo;examen immédiat. Au final, seul le moyen sur la nullité de la sonorisation prospère devant la haute juridiction.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-3">3) Le cadre légal de la sonorisation en procédure pénale</h2>



<p class="txt-justify">La sonorisation constitue une technique spéciale d&rsquo;enquête. Elle permet aux enquêteurs de capter et d&rsquo;enregistrer des paroles. Le dispositif vise un lieu ou un véhicule privés. Les personnes concernées ignorent l&rsquo;existence du système. De ce fait, l&rsquo;ingérence dans la vie privée reste forte.</p>



<p>Trois textes du code de procédure pénale encadrent cette mesure :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Article 706-95-16 CPP</strong>&nbsp;: il fixe la durée maximale de l&rsquo;autorisation initiale.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Article 706-95-17 CPP</strong>&nbsp;: il organise la mise en place du dispositif par l&rsquo;OPJ.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Article 706-96 CPP</strong>&nbsp;: il encadre la captation pendant l&rsquo;instruction.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">Par principe, l&rsquo;atteinte à la vie privée se justifie pendant la seule durée autorisée. Dès lors, les enquêteurs doivent retirer le dispositif à l&rsquo;échéance, sauf renouvellement préalable. Cette règle protège la vie privée de la personne. En outre, l&rsquo;article 8 de la Convention européenne des droits de l&rsquo;homme la garantit également.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-4">4) Le principe : retirer ou désactiver le dispositif de sonorisation</h2>



<p class="txt-justify">L&rsquo;arrêt formule un principe rigoureux. Il mérite une lecture attentive.</p>



<p class="txt-justify">À l&rsquo;expiration de la durée autorisée, et sauf renouvellement préalable, le dispositif suit deux voies possibles. D&rsquo;abord, les enquêteurs le retirent purement et simplement. À défaut, ils peuvent le laisser en place pour des contraintes techniques ou de sécurité. Toutefois, dans ce second cas, ils doivent impérativement le désactiver.</p>



<p class="txt-justify">De surcroît, la désactivation doit ressortir clairement des pièces de la procédure. Autrement dit, la seule affirmation verbale ne suffit pas. Concrètement, les enquêteurs documentent la désactivation par un procès-verbal. À défaut, la nullité de la sonorisation s&rsquo;impose automatiquement.</p>



<p class="txt-justify">L&rsquo;adverbe « nécessairement » employé par la Cour porte un message fort. Il signifie que l&rsquo;atteinte à la vie privée découle du seul maintien en fonctionnement. Aucune démonstration complémentaire n&rsquo;est exigée. En d&rsquo;autres termes, la défense n&rsquo;a pas à prouver un préjudice spécifique. Le grief se déduit du fait même.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-5">5) Pourquoi la cassation sur la nullité de la sonorisation ?</h2>



<p class="txt-justify">Les faits illustrent parfaitement le principe. Le juge d&rsquo;instruction délivre une première autorisation le 28 juillet 2023. Cette autorisation expire le 9 juin 2024. Pourtant, les enquêteurs ne retirent pas le dispositif. Le 11 juin 2024, soit deux jours plus tard, une nouvelle autorisation intervient. Entre les deux, aucune trace de désactivation n&rsquo;apparaît au dossier.</p>



<p class="txt-justify">La chambre de l&rsquo;instruction valide néanmoins la procédure. Elle retient deux motifs principaux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">Aucune retranscription de conversation ne figure au dossier pour la période du 9 au 11 juin 2024.</li>



<li class="txt-justify">L&rsquo;imminence des interpellations justifiait, selon les juges, le maintien du dispositif pour des raisons de sécurité.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">La Cour de cassation refuse ce raisonnement. Elle admet l&rsquo;existence de contraintes techniques et de sécurité. En revanche, elle reproche aux juges du fond une omission majeure. Les magistrats n&rsquo;ont pas constaté la désactivation effective du dispositif. Or, en l&rsquo;absence d&rsquo;une telle constatation, le maintien en fonctionnement constitue un grief automatique.</p>



<p class="txt-justify">La sanction est logique. Un dispositif maintenu actif sans autorisation échappe au contrôle du magistrat. De ce fait, il devient une captation clandestine. Concrètement, la haute juridiction renvoie l&rsquo;affaire devant la chambre de l&rsquo;instruction de Douai.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-6">6) Les autres moyens du pourvoi écartés par la Cour</h2>



<p class="txt-justify">L&rsquo;arrêt aborde aussi d&rsquo;autres moyens du pourvoi. La haute juridiction les écarte tous. Toutefois, ils méritent l&rsquo;attention pour leur intérêt pratique.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Réquisitions téléphoniques (articles 60-2 et 99-4 CPP).</strong>&nbsp;Le requérant contestait l&rsquo;absence de mention de la durée d&rsquo;accès aux données. Toutefois, la Cour relève que la réquisition couvrait une période conforme à l&rsquo;autorisation du juge d&rsquo;instruction. Cette autorisation ressortait d&rsquo;un procès-verbal dédié. Dès lors, l&rsquo;acte demeure régulier. Le moyen devient inopérant.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Vidéosurveillance sur la voie publique (article 81 CPP).</strong>&nbsp;La défense invoquait l&rsquo;absence de base légale précise et une durée excessive de treize mois et demi. La Cour rappelle d&rsquo;abord que le juge d&rsquo;instruction tient ses pouvoirs de l&rsquo;article 81 CPP. Ensuite, cinq ordonnances de prolongation existaient au dossier. Enfin, la vidéosurveillance depuis la voie publique entraîne une atteinte limitée à la vie privée. La Cour écarte donc le moyen.</p>



<p class="txt-justify"><strong><a href="/glossaire/penal/perquisition/">Perquisitions nocturnes</a>&nbsp;(article 706-91 CPP).</strong>&nbsp;Trois ordonnances successives autorisaient les opérations. Le requérant contestait la condition d&rsquo;urgence. Toutefois, le juge avait pris ces ordonnances par anticipation. Son objectif était d&rsquo;interpeller simultanément plusieurs personnes au retour d&rsquo;un voyage d&rsquo;approvisionnement. De plus, un compte rendu des enquêteurs a permis au juge de confirmer son autorisation juste avant l&rsquo;exécution. La Cour rejette donc le moyen.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-7">7) Contester une sonorisation : les réflexes de la défense</h2>



<p class="txt-justify">L&rsquo;arrêt ouvre plusieurs angles de défense dans les dossiers de criminalité organisée. Plusieurs réflexes s&rsquo;imposent désormais.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Vérifier la chronologie des autorisations.</strong>&nbsp;L&rsquo;avocat reconstitue précisément les dates d&rsquo;autorisation et de renouvellement. Toute coupure entre deux périodes constitue un point de vigilance.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Rechercher la trace de la désactivation.</strong>&nbsp;Le dossier doit contenir un procès-verbal de retrait ou de désactivation. En son absence, la nullité de la sonorisation prospère devant la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/chambre-de-linstruction/">chambre de l&rsquo;instruction</a>.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Étayer l&rsquo;exception technique.</strong>&nbsp;Si les enquêteurs invoquent des contraintes techniques, la défense vérifie leur réalité. De plus, elle s&rsquo;assure que la désactivation effective ressort du dossier.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Invoquer l&rsquo;atteinte automatique à la vie privée.</strong>&nbsp;Peu importe qu&rsquo;aucune retranscription ne figure au dossier sur la période litigieuse. L&rsquo;atteinte découle du seul maintien en fonctionnement. Le grief se présume.</p>



<p class="txt-justify">Au-delà de la sonorisation, le raisonnement éclaire d&rsquo;autres contestations. Captation d&rsquo;images, géolocalisation ou écoutes téléphoniques : la logique reste identique. Une technique spéciale d&rsquo;enquête s&rsquo;exécute strictement dans les limites autorisées.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-8">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une mesure de sonorisation ?</h3>



<p class="txt-justify">Il s&rsquo;agit d&rsquo;une technique spéciale d&rsquo;enquête. Elle autorise la captation des paroles dans un lieu ou un véhicule privés. Les personnes concernées ignorent le dispositif. Le code de procédure pénale (articles 706-95-16 et suivants) l&rsquo;encadre strictement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Combien de temps une sonorisation peut-elle durer ?</h3>



<p class="txt-justify">La durée initiale ne dépasse pas un mois. Le juge peut renouveler l&rsquo;autorisation selon les conditions prévues par la loi. À l&rsquo;échéance, les enquêteurs retirent le dispositif. À défaut, ils le désactivent de façon documentée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que se passe-t-il si le dispositif reste en place entre deux autorisations ?</h3>



<p class="txt-justify">La nullité de la sonorisation s&rsquo;impose automatiquement. En effet, le maintien sans retrait porte nécessairement atteinte à la vie privée. Pour éviter cette nullité, les enquêteurs désactivent impérativement le dispositif. La désactivation doit aussi ressortir des pièces de la procédure.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Faut-il démontrer une atteinte concrète à la vie privée ?</h3>



<p class="txt-justify">Non. La Cour qualifie l&rsquo;atteinte de « nécessaire ». Ainsi, l&rsquo;absence de retranscription pendant la période litigieuse n&rsquo;efface pas l&rsquo;irrégularité. Le seul maintien en fonctionnement caractérise le grief.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Cet arrêt vaut-il uniquement pour les affaires de stupéfiants ?</h3>



<p class="txt-justify">Non. Le principe s&rsquo;applique à toutes les mesures de sonorisation. Trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs, terrorisme ou criminalité organisée : la règle reste identique partout.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-9">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Droit pénal — défense en matière criminelle et correctionnelle</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/">Urgence droit pénal — garde à vue et mesures coercitives</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">Droit pénal des affaires</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/trafic-stupefiants/">Trafic de stupéfiants (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/association-de-malfaiteurs/">Association de malfaiteurs (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/information-judiciaire-instruction/">Information judiciaire (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/chambre-de-linstruction/">Chambre de l&rsquo;instruction (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/perquisition/">Perquisition (fiche glossaire)</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-10">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Cass. crim., 14 avril 2026, n° 25-87.105</strong>, F-B, publié au Bulletin (ECLI:FR:CCASS:2026:CR00488) — arrêt n° 00488, président M. Bonnal, rapporteur Mme Thomas.</li>



<li>Code de procédure pénale,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038270139" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 706-95-16</a>&nbsp;— durée maximale de la sonorisation.</li>



<li>Code de procédure pénale,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038270141" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 706-95-17</a>&nbsp;— mise en place du dispositif de sonorisation.</li>



<li>Code de procédure pénale,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051742876" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 706-96</a>&nbsp;— captation de paroles et d&rsquo;images pendant l&rsquo;instruction.</li>



<li>Code de procédure pénale,&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032653889" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 706-91</a>&nbsp;— perquisitions nocturnes.</li>



<li>Code de procédure pénale, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038369344" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 81</a> — pouvoirs généraux du juge d&rsquo;instruction.</li>
</ul>



<p><a href="#sommaire">↑ Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/nullite-sonorisation-cass-crim-14-avril-2026/">Nullité de la sonorisation : Cass. crim. 14 avril 2026 (n° 25-87.105)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Garde à vue : l&#8217;expert ne remplace pas l&#8217;OPJ (Cass. crim. 14 avril 2026)</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/garde-a-vue-expert-opj-nullite-cass-crim-14-avril-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 12:03:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[article 77-1 CPP]]></category>
		<category><![CDATA[Cour de cassation]]></category>
		<category><![CDATA[enquête préliminaire]]></category>
		<category><![CDATA[expert judiciaire]]></category>
		<category><![CDATA[garde à vue]]></category>
		<category><![CDATA[jurisprudence 2026]]></category>
		<category><![CDATA[nullité de procédure]]></category>
		<category><![CDATA[officier de police judiciaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10444</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Cour de cassation sanctionne d'une nullité d'ordre public la garde à vue dans laquelle trois experts désignés pour assister aux auditions posent eux-mêmes 48 questions sur 151. Analyse de l'arrêt du 14 avril 2026 et portée pratique pour la défense.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/garde-a-vue-expert-opj-nullite-cass-crim-14-avril-2026/">Garde à vue : l&rsquo;expert ne remplace pas l&rsquo;OPJ (Cass. crim. 14 avril 2026)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/03/garde-a-vue-droits-avocat-nice-1024x684.webp" alt="Couloir de commissariat — intervention avocat garde à vue à Nice" class="wp-image-10008" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/03/garde-a-vue-droits-avocat-nice-1024x684.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/03/garde-a-vue-droits-avocat-nice-300x200.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/03/garde-a-vue-droits-avocat-nice-768x513.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/03/garde-a-vue-droits-avocat-nice.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong> L&rsquo;<strong>officier de police judiciaire</strong> (OPJ) ne peut pas déléguer la conduite des auditions de <strong><a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal/urgence-droit-penal/garde-a-vue-nice/">garde à vue</a></strong> à des experts. La Cour de cassation censure la procédure dans laquelle trois experts, requis sur le fondement de l&rsquo;article 77-1 du code de procédure pénale pour assister aux auditions, posent directement 48 questions sur 151 au gardé à vue. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une <strong>nullité d&rsquo;ordre public</strong>, étrangère à la règle du grief de l&rsquo;article 802 CPP (Cass. crim., 14 avril 2026, n° 25-87.000, publié au Bulletin).</p>



<p class="txt-justify">Besoin d&rsquo;un avocat en <strong>droit pénal</strong> à Nice ou Grasse (nullités de procédure, garde à vue, défense en enquête et en instruction) ? <a href="/personnel/rudy-cohen/"><strong>Maître Rudy COHEN</strong></a> peut intervenir rapidement, ou contactez le cabinet : <a href="/nous-contacter/"><strong>nous contacter</strong></a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#section-1">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#section-2">Contexte : ce que l&rsquo;on peut retenir de l&rsquo;affaire</a></li>



<li><a href="#section-3">Les règles applicables : OPJ, expert et personne qualifiée</a></li>



<li><a href="#section-4">Pourquoi la cassation ? Une délégation illicite de pouvoirs</a></li>



<li><a href="#section-5">Une nullité d&rsquo;ordre public, étrangère à la règle du grief</a></li>



<li><a href="#section-6">Portée pratique : ce que cela change pour la défense</a></li>



<li><a href="#section-7">FAQ</a></li>



<li><a href="#section-8">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#section-9">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-1">1) La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">La Cour de cassation prononce une <strong>cassation partielle</strong>. Elle censure l&rsquo;arrêt de la chambre de l&rsquo;instruction de Bordeaux du 2 octobre 2025. Le dossier concerne une information suivie pour <strong>homicide involontaire</strong> et <strong>omission de porter secours</strong>. Trois experts requis par le procureur, chargés d&rsquo;un examen médico-légal, assistaient aux auditions de <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/garde-a-vue/">garde à vue</a>. En réalité, ils ont posé eux-mêmes 48 des 151 questions adressées au suspect. La haute juridiction y voit une délégation illicite des pouvoirs de l&rsquo;OPJ.</p>



<p>Les points clés à retenir :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">Au cours de la garde à vue, l&rsquo;audition se déroule <strong>sous la direction de l&rsquo;OPJ</strong> (article 63-4-3 CPP).</li>



<li class="txt-justify">La <strong>personne qualifiée</strong> requise par le procureur (article 77-1 CPP) intervient dans les seules limites de sa mission.</li>



<li class="txt-justify">Poser directement des questions au gardé à vue excède la mission d&rsquo;assistance.</li>



<li class="txt-justify">La violation de ces règles constitue une <strong>nullité d&rsquo;ordre public</strong>.</li>



<li class="txt-justify">Dès lors, l&rsquo;article 802 CPP sur le grief ne s&rsquo;applique pas.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-2">2) Contexte : ce que l&rsquo;on peut retenir de l&rsquo;affaire</h2>



<p class="txt-justify">M. [R] [Z] est mis en examen le 6 juin 2024 pour homicide involontaire et omission de porter secours. Rapidement, il saisit la chambre de l&rsquo;instruction. Ses deux requêtes visent à obtenir l&rsquo;annulation de pièces de la procédure. En effet, la défense conteste les conditions de ses auditions en garde à vue.</p>



<p class="txt-justify">Au cœur du dossier : trois experts requis par le procureur de la République pour réaliser un examen médico-légal. Leur mission autorise seulement l&rsquo;assistance aux auditions. Pourtant, ils ont directement interrogé M. [Z] pendant la garde à vue. Le décompte est frappant : 48 questions posées par les experts sur un total de 151. De ce fait, ils ont orienté les investigations à la place des enquêteurs.</p>



<p class="txt-justify">La chambre de l&rsquo;instruction de Bordeaux refuse d&rsquo;annuler les procès-verbaux. Elle estime qu&rsquo;aucune atteinte aux intérêts du mis en cause n&rsquo;est démontrée. D&rsquo;ailleurs, le gardé à vue n&rsquo;a tenu aucun propos incriminant. Par ailleurs, il aura l&rsquo;occasion de discuter l&rsquo;avis des experts via la contre-expertise ordonnée. Le pourvoi est formé contre cet arrêt. Le président de la chambre criminelle prescrit d&rsquo;ailleurs l&rsquo;examen immédiat du pourvoi (ordonnance du 17 novembre 2025).</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-3">3) Les règles applicables : OPJ, expert et personne qualifiée</h2>



<p class="txt-justify">La Cour rappelle d&rsquo;abord deux textes fondamentaux du code de procédure pénale.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Article 63-4-3 CPP.</strong> Pendant la <a href="/glossaire/penal/garde-a-vue/">garde à vue</a>, toute audition ou confrontation est menée sous la direction de l&rsquo;OPJ ou de l&rsquo;agent de police judiciaire. Autrement dit, l&rsquo;enquêteur conduit les opérations. Cette direction constitue un pouvoir propre. Par conséquent, elle ne se délègue pas.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Article 77-1 CPP.</strong> Dans le cadre de l&rsquo;<a href="/glossaire/penal/enquete-preliminaire/">enquête préliminaire</a>, le procureur peut requérir toute personne qualifiée. Celle-ci procède à des constatations techniques ou scientifiques. Elle peut aussi assister les enquêteurs lors d&rsquo;auditions en garde à vue. Toutefois, elle agit strictement dans les limites de la mission confiée.</p>



<p class="txt-justify">En synthèse, l&rsquo;expert requis pour assister à une audition ne devient pas l&rsquo;auteur des questions. Son rôle reste technique. Dès lors, il suggère tout au plus aux enquêteurs des interrogations relevant de sa spécialité. En revanche, il ne prend jamais la parole directement face au suspect.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-4">4) Pourquoi la cassation ? Une délégation illicite de pouvoirs</h2>



<p class="txt-justify">Pour la chambre de l&rsquo;instruction, la présence des experts ne posait pas de difficulté. Elle retenait plusieurs motifs favorables à la régularité de la procédure :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">Les experts étaient soumis au secret professionnel.</li>



<li class="txt-justify">La réquisition du procureur les autorisait à assister aux auditions.</li>



<li class="txt-justify">Ni le mis en cause ni son avocat n&rsquo;avaient formulé d&rsquo;objection sur le moment.</li>



<li class="txt-justify">Le gardé à vue avait choisi de répondre en connaissance de son droit au silence.</li>



<li class="txt-justify">Aucun propos incriminant n&rsquo;avait été tenu.</li>



<li class="txt-justify">Une contre-expertise avait déjà été ordonnée par le juge d&rsquo;instruction.</li>
</ul>



<p class="txt-justify">La Cour de cassation balaie cet ensemble d&rsquo;arguments. Elle rappelle que l&rsquo;OPJ seul dirige les auditions. En acceptant que les experts posent eux-mêmes des questions, l&rsquo;enquêteur a abandonné un pouvoir propre. Concrètement, il a laissé des personnes non habilitées interroger le suspect. La délégation est donc caractérisée. De surcroît, la règle du domaine réservé à l&rsquo;OPJ est impérative. Elle ne se négocie ni avec la défense, ni avec le ministère public, ni avec l&rsquo;expert.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-5">5) Une nullité d&rsquo;ordre public, étrangère à la règle du grief</h2>



<p class="txt-justify">C&rsquo;est sans doute le point le plus important de l&rsquo;arrêt. La haute juridiction qualifie la nullité d&rsquo;<strong>ordre public</strong>.</p>



<p class="txt-justify">Pourquoi cette qualification ? Les règles violées relèvent d&rsquo;une bonne administration de la justice. Elles organisent la répartition des compétences entre l&rsquo;OPJ et les tiers à la police judiciaire. De ce fait, elles protègent l&rsquo;architecture même de la procédure pénale.</p>



<p class="txt-justify">Conséquence immédiate : l&rsquo;article 802 du code de procédure pénale ne s&rsquo;applique pas. Ce texte impose en principe au requérant de démontrer un grief pour obtenir l&rsquo;annulation. Or, ici, l&rsquo;absence de grief est indifférente. La nullité est automatique. Peu importe donc que le gardé à vue ait choisi de parler, n&rsquo;ait pas tenu de propos auto-incriminant, ou ait bénéficié d&rsquo;une contre-expertise. L&rsquo;irrégularité de compétence entraîne l&rsquo;annulation.</p>



<p class="txt-justify">En d&rsquo;autres termes, la Cour affirme la hiérarchie des compétences dans l&rsquo;enquête. L&rsquo;OPJ dirige. L&rsquo;expert assiste. Le <a href="/glossaire/penal/procureur-de-la-republique/">procureur de la République</a> contrôle. Cette frontière ne peut pas se dissoudre au motif qu&rsquo;aucun préjudice ne se mesure objectivement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-6">6) Portée pratique : ce que cela change pour la défense</h2>



<p class="txt-justify">Pour les justiciables mis en cause et pour les avocats, l&rsquo;arrêt a une portée très concrète. Plusieurs réflexes s&rsquo;imposent désormais.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Analyser systématiquement les procès-verbaux d&rsquo;audition.</strong> Il convient d&rsquo;identifier l&rsquo;auteur de chaque question. Si un expert ou une personne qualifiée a pris la main, la nullité peut être soulevée.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Vérifier la réquisition du procureur.</strong> Le contenu de la mission confiée à la personne qualifiée est déterminant. Si elle autorise seulement l&rsquo;assistance, l&rsquo;expert ne peut pas interroger lui-même.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Soulever la nullité devant la <a href="/glossaire/penal/chambre-de-linstruction/">chambre de l&rsquo;instruction</a>.</strong> Le moyen reste recevable même en l&rsquo;absence de grief. En outre, il prospère lorsque le gardé à vue a gardé le silence ou n&rsquo;a pas tenu de propos incriminant.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Ne pas se laisser dissuader par l&rsquo;absence d&rsquo;objection initiale.</strong> L&rsquo;argument tiré du silence pendant la garde à vue ne tient pas. La nullité d&rsquo;ordre public reste opérante.</p>



<p class="txt-justify">Au final, la décision renforce la défense dans les dossiers complexes. Elle s&rsquo;applique à toutes les matières : stupéfiants, violences volontaires, homicide involontaire, atteintes à la santé publique, ou encore droit pénal du travail.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-7">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;expert peut-il être présent lors d&rsquo;une audition en garde à vue ?</h3>



<p class="txt-justify">Oui, à condition que la mission confiée par le procureur l&rsquo;autorise expressément (article 77-1 CPP). En revanche, il ne peut pas diriger les opérations ni poser directement de questions au gardé à vue.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelle est la différence entre la délégation et la simple suggestion ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;expert peut suggérer aux enquêteurs des questions techniques. En revanche, il ne peut pas prendre la parole pour interroger lui-même. Concrètement, c&rsquo;est toujours l&rsquo;OPJ qui pose la question, même inspirée par l&rsquo;expert.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Faut-il démontrer un préjudice pour obtenir la nullité ?</h3>



<p class="txt-justify">Non. La violation des articles 63-4-3 et 77-1 CPP constitue une nullité d&rsquo;ordre public. L&rsquo;article 802 CPP ne s&rsquo;applique pas. Ainsi, le grief n&rsquo;a pas à être démontré.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La nullité est-elle totale ou partielle ?</h3>



<p class="txt-justify">La cassation concerne uniquement les auditions réalisées en présence des experts (cotes D123, D124, D128, D129). Les autres actes de la procédure restent valides. Le renvoi se fait devant la chambre de l&rsquo;instruction de Bordeaux, autrement composée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Cet arrêt concerne-t-il aussi l&rsquo;information judiciaire ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;affaire concerne des auditions réalisées pendant l&rsquo;enquête préliminaire. Toutefois, la logique de répartition des compétences entre magistrats, enquêteurs et experts s&rsquo;applique également à l&rsquo;<a href="/glossaire/penal/information-judiciaire-instruction/">information judiciaire</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-8">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Droit pénal — défense devant toutes les juridictions</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/">Urgence droit pénal — intervention en garde à vue 7j/7</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">Droit pénal des affaires</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/garde-a-vue/">Garde à vue (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/enquete-preliminaire/">Enquête préliminaire (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/chambre-de-linstruction/">Chambre de l&rsquo;instruction (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/expertise-judiciaire/">Expertise judiciaire (fiche glossaire)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation/">Pourvoi en cassation (fiche glossaire)</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="section-9">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Cass. crim., 14 avril 2026, n° 25-87.000</strong>, F-B, publié au Bulletin (ECLI:FR:CCASS:2026:CR00499) — arrêt n° 00499, président M. Bonnal, rapporteur M. Azéma.</li>



<li>Code de procédure pénale, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000023865438" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 63-4-3</a> — direction des auditions par l&rsquo;OPJ.</li>



<li>Code de procédure pénale, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047052930" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 77-1</a> — réquisition de personnes qualifiées en enquête préliminaire.</li>



<li>Code de procédure pénale, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006578402" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 802</a> — règle du grief.</li>
</ul>



<p><em>Information générale, ne remplace pas une consultation. Pour une analyse de votre situation : <a href="/nous-contacter/"><strong>contactez le cabinet</strong></a>.</em></p>



<p><a href="#sommaire">↑ Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/garde-a-vue-expert-opj-nullite-cass-crim-14-avril-2026/">Garde à vue : l&rsquo;expert ne remplace pas l&rsquo;OPJ (Cass. crim. 14 avril 2026)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Décision n° 2026-1192 QPC du Conseil constitutionnel : la censure de la visioconférence imposée devant la Chambre de l&#8217;instruction</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/visioconference-chambre-instruction-qpc-2026-1192/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 06:35:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[chambre de l'instruction]]></category>
		<category><![CDATA[comparution physique]]></category>
		<category><![CDATA[conseil constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[détention provisoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits de la défense]]></category>
		<category><![CDATA[loi narcotrafic]]></category>
		<category><![CDATA[QPC]]></category>
		<category><![CDATA[visioconférence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10380</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Conseil constitutionnel déclare contraire à la Constitution l'obligation de visioconférence imposée à un accusé détenu devant la chambre de l'instruction (décision n° 2026-1192 QPC du 10 avril 2026). La comparution physique en matière criminelle constitue une garantie des droits de la défense.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/visioconference-chambre-instruction-qpc-2026-1192/">Décision n° 2026-1192 QPC du Conseil constitutionnel : la censure de la visioconférence imposée devant la Chambre de l&rsquo;instruction</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/confiscation-stupefiants-qpc-2025-1185-conseil-constitutionnel-1-768x1024.webp" alt="" class="wp-image-10381" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/confiscation-stupefiants-qpc-2025-1185-conseil-constitutionnel-1-768x1024.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/confiscation-stupefiants-qpc-2025-1185-conseil-constitutionnel-1-225x300.webp 225w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/confiscation-stupefiants-qpc-2025-1185-conseil-constitutionnel-1-1152x1536.webp 1152w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/confiscation-stupefiants-qpc-2025-1185-conseil-constitutionnel-1-600x800.webp 600w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/confiscation-stupefiants-qpc-2025-1185-conseil-constitutionnel-1.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-a-retenir">À retenir</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel déclare contraire à la Constitution l&rsquo;<strong>obligation de visioconférence</strong>&nbsp;imposée aux accusés en matière criminelle. La&nbsp;<strong>comparution physique</strong>&nbsp;constitue une garantie légale des&nbsp;<strong>droits de la défense</strong>&nbsp;au sens de l&rsquo;article 16 de la Déclaration de 1789. Cette jurisprudence affecte directement l&rsquo;article 706-71 du code de procédure pénale, issu de la loi narcotrafic de 2025.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Vous traversez une procédure pénale complexe ?</strong>&nbsp;Consultez&nbsp;<a href="/personnel/rudy-cohen/">Maître Rudy COHEN</a>, spécialiste des droits de la défense.&nbsp;<a href="/nous-contacter/">Contactez notre cabinet</a>&nbsp;pour une première consultation.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-sommaire">Sommaire</h3>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#section-1">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#section-2">Contexte et origines de la censure</a></li>



<li><a href="#section-3">Les principes constitutionnels en jeu</a></li>



<li><a href="#section-4">Impact sur la procédure criminelle</a></li>



<li><a href="#section-5">Conséquences pratiques pour les justiciables</a></li>



<li><a href="#faq">FAQ</a></li>



<li><a href="#aller-plus-loin">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#sources">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-1-la-decision-en-bref">1. La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision le 10 avril 2026. De plus, il déclare l&rsquo;inconstitutionnalité de la seconde phrase du 4ème alinéa de l&rsquo;article 706-71 du code de procédure pénale. Cette disposition, introduite par la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 relative à la lutte contre le narcotrafic, permettait d&rsquo;imposer la visioconférence à un accusé détenu. Ainsi, l&rsquo;accusé ne pouvait pas refuser cette modalité de comparution lors de son audience devant la <a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal/mise-en-examen-instruction/">chambre de l&rsquo;instruction</a>.</p>



<p class="txt-justify">Notamment, cette censure revêt une portée considérable. En effet, elle réaffirme que la comparution physique d&rsquo;une personne accusée constitue un droit fondamental. Dès lors, aucune disposition législative ne peut obliger un accusé à comparaître par écran interposé en matière criminelle, sans pouvoir s&rsquo;y opposer.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-2-contexte-et-origines-de-la-censure">2. Contexte et origines de la censure</h2>



<p class="txt-justify">La loi narcotrafic du 13 juin 2025 a modifié le régime de la mise en liberté devant la chambre de l&rsquo;instruction. En revanche, elle a introduit des dispositions permettant une gestion plus flexible des audiences en permettant la visioconférence. Toutefois, cette souplesse procédurale s&rsquo;est heurtée à une question constitutionnelle fondamentale.</p>



<p class="txt-justify">Par conséquent, une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) a été transmise au Conseil constitutionnel par la Cour de cassation le 23 janvier 2026. Cette QPC soulevait un doute sérieux relatif à la conformité de cette obligation à la Constitution. Or, les magistrats constitutionnels ont jugé que le doute était justifié.</p>



<p class="txt-justify">D&rsquo;abord, le Conseil a considéré les dispositions censurées. Ensuite, il a appliqué les principes constitutionnels pertinents. Enfin, il a conclu à l&rsquo;inconstitutionnalité de l&rsquo;obligation de visioconférence sans possibilité de refus.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-3-les-principes-constitutionnels-en-jeu">3. Les principes constitutionnels en jeu</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel vise expressément l&rsquo;article 16 de la Déclaration des Droits de l&rsquo;Homme et du Citoyen de 1789. Cette disposition énonce que « la garantie des droits » requiert la séparation des pouvoirs. De plus, elle implique que l&rsquo;accusé dispose de véritables garanties légales lors de sa défense.</p>



<p class="txt-justify">Notamment, la comparution physique d&rsquo;un accusé répond à plusieurs fonctions essentielles. En effet, elle permet une appréhension authentique de la personnalité du justiciable. Dès lors, une juridiction criminelle évalue mieux les demandes de mise en liberté lorsqu&rsquo;elle peut observer l&rsquo;accusé en personne.</p>



<p class="txt-justify">Cependant, la visioconférence présente des limites évidentes. Par exemple, les gestes, l&rsquo;intonation et l&rsquo;ensemble du langage non-verbal se trouvent filtrés. Ainsi, le magistrat ne dispose pas de tous les éléments d&rsquo;appréciation nécessaires pour statuer équitablement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-4-impact-sur-la-procedure-criminelle">4. Impact sur la procédure criminelle</h2>



<p class="txt-justify">Cette censure produit des effets immédiats sur le droit applicable. Désormais, aucun texte législatif ne peut imposer la visioconférence lors d&rsquo;une audience relative à la demande de mise en liberté devant la chambre de l&rsquo;instruction. Cependant, la visioconférence demeure possible si l&rsquo;accusé y consent volontairement.</p>



<p class="txt-justify">Par conséquent, les magistrats conservent une marge de manœuvre. Or, cette marge doit respecter le souhait de l&rsquo;accusé ou de son avocat. De plus, le Conseil n&rsquo;interdira pas les dispositions futures qui permettraient la visioconférence avec l&rsquo;accord de toutes les parties.</p>



<p class="txt-justify">En revanche, les dispositions qui imposaient la visioconférence tombent. Notamment, les accusés détenus retrouvent le droit de demander leur comparution physique. Dès lors, les services pénitentiaires doivent pouvoir acheminer les accusés vers les salles d&rsquo;audience en matière criminelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-5-consequences-pratiques-pour-les-justiciables">5. Conséquences pratiques pour les justiciables</h2>



<p class="txt-justify">Cette jurisprudence renforce considérablement la position des accusés en matière criminelle. Ainsi, tout accusé peut exiger sa comparution physique lors d&rsquo;une demande de mise en liberté. Notamment, cette exigence s&rsquo;impose aux juridictions, qui doivent organiser le transport de l&rsquo;accusé depuis son établissement de détention.</p>



<p class="txt-justify">De plus, le droit à la comparution physique se rattache directement aux droits de la défense. Par conséquent, un avocat peut invoquer cette jurisprudence pour contester tout jugement rendu après une audience par visioconférence imposée. Enfin, cette protection bénéficie à tous les accusés sans distinction.</p>



<p class="txt-justify">En effet, les établissements pénitentiaires et les juridictions devront adapter leurs organisations matérielles. Or, cette adaptation représente un coût, mais elle est obligatoire au regard de la Constitution. Dès lors, les gouvernances judiciaires réviseront leurs protocoles en matière criminelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-faq">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-qu-est-ce-qu-une-question-prioritaire-de-constitutionnalite-qpc">Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ?</h3>



<p class="txt-justify">Une QPC est un mécanisme permettant de contester la constitutionnalité d&rsquo;une disposition législative. Ainsi, toute partie à un procès peut soulever une QPC si elle estime qu&rsquo;une loi viole les droits et libertés constitutionnels. Pour en savoir plus, consultez notre&nbsp;<a href="/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation">glossaire sur le pourvoi en cassation</a>.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-qu-est-ce-que-la-nbsp-chambre-de-l-instruction-nbsp">Qu&rsquo;est-ce que la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/chambre-de-linstruction">chambre de l&rsquo;instruction</a>&nbsp;?</h3>



<p class="txt-justify">La <strong>chambre de l&rsquo;instruction</strong> est une formation de jugement d&rsquo;une cour d&rsquo;appel, qui connaît essentiellement des appels contre les décisions des juges d&rsquo;instruction et des juges des libertés et de la détention (JLD) Elle statue notamment sur les demandes de mise en liberté des accusés en attente de jugement devant les <a href="/glossaire/penal/cour-dassises">cours d&rsquo;assises</a>. De plus, elle vérifie la légalité des actes d&rsquo;enquête et d&rsquo;instruction.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quel-est-le-lien-entre-cette-decision-et-la-nbsp-detention-provisoire-nbsp">Quel est le lien entre cette décision et la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/detention-provisoire">détention provisoire</a>&nbsp;?</h3>



<p class="txt-justify">La <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/detention-provisoire/">détention provisoire</a> demeure possible. En revanche, ses conditions et modalités doivent respecter les droits de la défense. Notamment, les audiences relatives aux demandes de mise en liberté doivent se dérouler en présence physique de l&rsquo;accusé, sauf accord exprès. Ainsi, cette jurisprudence renforce les protections légales applicables à la détention provisoire.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-accuse-peut-il-refuser-la-visioconference-si-elle-est-proposee">Un accusé peut-il refuser la visioconférence si elle est proposée ?</h3>



<p class="txt-justify">Oui, tout accusé peut refuser la visioconférence. Cette jurisprudence lui en donne le droit fondamental. Consultez notre fiche sur la&nbsp;<a href="/glossaire/penal/demande-mise-en-liberte">demande de mise en liberté</a>&nbsp;pour comprendre comment exercer ce droit.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quels-sont-les-droits-de-la-defense-en-matiere-criminelle">Quels sont les droits de la défense en matière criminelle ?</h3>



<p class="txt-justify">Les droits de la défense comprennent le droit à la comparution physique, le droit au secret professionnel, le droit d&rsquo;être entendu et le droit à un avocat. Pour approfondir, consultez notre&nbsp;<a href="/glossaire/penal/presomption-dinnocence">glossaire sur la présomption d&rsquo;innocence</a>, qui expose les principes fondamentaux du procès pénal.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-aller-plus-loin">Aller plus loin</h2>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-competences-liees">Compétences liées</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Droit pénal</a> — Spécialisation globale en matière pénale</li>



<li><a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/">Urgence droit pénal</a> — Interventions d&rsquo;urgence en procédure pénale</li>



<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Droits de la défense</a> — Protection des droits des accusés</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-fiches-glossaire-recommandees">Fiches glossaire recommandées</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/glossaire/penal/cour-dassises">Cour d&rsquo;assises</a> — Juridiction criminelle de jugement</li>



<li><a href="/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation">Pourvoi en cassation</a> — Voie de recours extraordinaire</li>



<li><a href="/glossaire/penal/mise-en-examen">Mise en examen</a> — Acte d&rsquo;accusation en procédure pénale</li>



<li><a href="/glossaire/penal/controle-judiciaire">Contrôle judiciaire</a> — Mesures alternatives à la détention</li>



<li><a href="/glossaire/penal/appel">Appel</a> — Voie de recours ordinaire</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sources-officielles">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20261192QPC.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conseil constitutionnel — Décision n° 2026-1192 QPC du 10 avril 2026</a></li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Légifrance — Article 706-71 du code de procédure pénale</a></li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Légifrance — Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 (loi narcotrafic)</a></li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Légifrance — Déclaration des Droits de l&rsquo;Homme et du Citoyen de 1789, article 16</a></li>



<li><a href="https://www.cour-de-cassation.justice.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cour de cassation — Décisions et jurisprudence</a></li>
</ul>



<p><strong>Disclaimer :</strong>&nbsp;Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il ne constitue pas un avis juridique personnalisé. Pour toute question relative à votre situation spécifique, consultez un avocat compétent en droit pénal.</p>



<p><a href="#top">↑ Retour au sommaire</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/visioconference-chambre-instruction-qpc-2026-1192/">Décision n° 2026-1192 QPC du Conseil constitutionnel : la censure de la visioconférence imposée devant la Chambre de l&rsquo;instruction</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Organisation frauduleuse d&#8217;insolvabilité : l&#8217;indemnité d&#8217;occupation n&#8217;est pas contractuelle (Cass. Crim. 9 avril 2026, n°24-83.323)</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/organisation-frauduleuse-insolvabilite-indemnite-occupation-cass-crim-9-avril-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 17:05:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[article 314-7 code pénal]]></category>
		<category><![CDATA[bail commercial]]></category>
		<category><![CDATA[cassation partielle]]></category>
		<category><![CDATA[Cour de cassation]]></category>
		<category><![CDATA[droit pénal des affaires]]></category>
		<category><![CDATA[indemnité d'occupation]]></category>
		<category><![CDATA[organisation frauduleuse d'insolvabilité]]></category>
		<category><![CDATA[usage de faux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10366</guid>

					<description><![CDATA[<p>La chambre criminelle juge que l'indemnité d'occupation prononcée après résiliation d'un bail relève de l'article 1240 du code civil. Elle entre dans le champ de l'organisation frauduleuse d'insolvabilité (art. 314-7 CP). Cassation partielle sur l'usage de faux pour défaut de motivation</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/organisation-frauduleuse-insolvabilite-indemnite-occupation-cass-crim-9-avril-2026/">Organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité : l&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation n&rsquo;est pas contractuelle (Cass. Crim. 9 avril 2026, n°24-83.323)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/organisation-frauduleuse-insolvabilite-indemnite-occupation-cass-crim-2026-1024x683.webp" alt="" class="wp-image-10376" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/organisation-frauduleuse-insolvabilite-indemnite-occupation-cass-crim-2026-1024x683.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/organisation-frauduleuse-insolvabilite-indemnite-occupation-cass-crim-2026-300x200.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/organisation-frauduleuse-insolvabilite-indemnite-occupation-cass-crim-2026-768x512.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/organisation-frauduleuse-insolvabilite-indemnite-occupation-cass-crim-2026.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong> La <strong>chambre criminelle de la Cour de cassation</strong> juge que l&rsquo;<strong>indemnité d&rsquo;occupation</strong> prononcée après la résiliation d&rsquo;un bail ne constitue pas une créance contractuelle. Elle relève de l&rsquo;<strong>article 1240 du code civil</strong> et entre donc dans le champ de l&rsquo;<strong>organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité</strong> prévue par l&rsquo;<strong>article 314-7 du code pénal</strong>. En revanche, la Cour casse l&rsquo;arrêt sur la déclaration de culpabilité du chef d&rsquo;<strong>usage de faux</strong>, faute de motivation suffisante (Cass. Crim. 9 avril 2026, n°24-83.323).</p>



<p class="txt-justify">Besoin d&rsquo;un avocat en <strong><a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">droit pénal des affaires</a></strong> à Nice ou Grasse (organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité, usage de faux, escroquerie, abus de confiance) ? <strong><a href="https://www.21avocats.com/personnel/rudy-cohen/">Maître Rudy COHEN</a></strong> peut intervenir rapidement, ou contactez le cabinet : <strong><a href="https://www.21avocats.com/nous-contacter/">nous contacter</a></strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#decision-en-bref">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#contexte">Contexte : les faits et la procédure</a></li>



<li><a href="#indemnite-occupation">L&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation : une créance quasi-délictuelle selon la Cour</a></li>



<li><a href="#usage-de-faux">Usage de faux : la cassation pour défaut de motivation</a></li>



<li><a href="#portee-pratique">Portée pratique : ce que change cet arrêt</a></li>



<li><a href="#faq">FAQ</a></li>



<li><a href="#aller-plus-loin">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#sources">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="decision-en-bref">1) La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">La <strong>Cour de cassation</strong> rend le 9 avril 2026 un arrêt de <strong>cassation partielle</strong> (n°24-83.323, F-B). Elle statue sur le pourvoi formé par le gérant d&rsquo;une société condamné par la <strong>cour d&rsquo;appel de Montpellier</strong> le 28 février 2024. Ce dernier contestait sa condamnation à trente mois d&#8217;emprisonnement (dont quinze avec <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/sursis-probatoire/">sursis probatoire</a>) et 45 000 euros d&rsquo;amende.</p>



<p>Les points clés de cette décision sont les suivants :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify"><strong>Rejet du moyen</strong> sur l&rsquo;<strong>organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité</strong> : l&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation due par un occupant sans titre relève de l&rsquo;article 1240 du code civil. Elle n&rsquo;est pas contractuelle.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Cassation</strong> sur l&rsquo;<strong>usage de faux</strong> : la cour d&rsquo;appel n&rsquo;a pas suffisamment caractérisé l&rsquo;élément intentionnel de l&rsquo;infraction.</li>



<li class="txt-justify"><strong>Renvoi</strong> devant la <strong>cour d&rsquo;appel de Nîmes</strong> pour qu&rsquo;il soit à nouveau statué dans les limites de la cassation.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="contexte">2) Contexte : les faits et la procédure</h2>



<p class="txt-justify">M. [U] dirigeait une société locataire d&rsquo;un local commercial dans l&rsquo;Hérault. En effet, cette société occupait les locaux en vertu d&rsquo;un <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/affaires/bail-commercia/">bail commercial</a>. Toutefois, elle a cessé de régler le loyer. Par conséquent, le bailleur a saisi le tribunal de grande instance. Ce dernier a prononcé la <strong>résiliation du bail</strong> le 14 septembre 2010 et condamné la société au paiement des loyers et d&rsquo;une <strong>indemnité d&rsquo;occupation</strong>.</p>



<p class="txt-justify">Avant même l&rsquo;audience d&rsquo;appel, le gérant a mis en place plusieurs manœuvres. D&rsquo;abord, il a transféré le siège social de la société à Paris. Ensuite, il a déménagé l&rsquo;intégralité du stock de marchandises vers des locaux appartenant à une autre société qu&rsquo;il contrôlait. Enfin, la totalité des parts sociales a été cédée pour un euro symbolique à une société domiciliée à l&rsquo;étranger, avec <strong>transmission universelle de patrimoine</strong>. De ce fait, le bailleur s&rsquo;est retrouvé dans l&rsquo;impossibilité de recouvrer sa créance.</p>



<p class="txt-justify">Le bailleur a donc déposé <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/plainte/">plainte</a> pour <strong>organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité</strong>. Par ailleurs, une ancienne salariée a porté plainte pour <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/faux-usage-de-faux/">faux et usage de faux</a>. En effet, elle avait reçu des bulletins de salaire mentionnant l&rsquo;ancienne adresse de la société alors que le siège avait déjà été transféré. Le <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/tribunal-correctionnel/">tribunal correctionnel</a> a déclaré le prévenu coupable des deux chefs. La <strong>cour d&rsquo;appel de Montpellier</strong> a confirmé cette condamnation le 28 février 2024.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="indemnite-occupation">3) L&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation : une créance quasi-délictuelle au sens de l&rsquo;article 314-7 du code pénal</h2>



<p class="txt-justify">Le premier moyen du <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/pourvoi-en-cassation/">pourvoi</a> posait une question centrale. L&rsquo;<strong>indemnité d&rsquo;occupation</strong>, prononcée par le juge civil après la résiliation d&rsquo;un bail, entre-t-elle dans le champ de l&rsquo;<strong>article 314-7 du code pénal</strong> ? Autrement dit, le gérant qui organise son insolvabilité pour échapper au paiement de cette indemnité commet-il le <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/droit-penal-des-affaires/">délit d&rsquo;organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité</a> ?</p>



<p class="txt-justify">La défense soutenait que cette indemnité était de nature contractuelle. En effet, elle découlait selon elle du contrat de bail résilié. Dès lors, elle aurait échappé au champ d&rsquo;application de l&rsquo;article 314-7 du code pénal, qui ne vise que certaines condamnations civiles.</p>



<p class="txt-justify"><strong>La Cour de cassation rejette cet argument.</strong> Elle affirme que l&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation due par un occupant sans droit ni titre ne peut pas être considérée comme contractuelle. En effet, cette indemnité sanctionne une occupation fautive des lieux. Elle trouve son fondement dans l&rsquo;<strong>article 1240 du code civil</strong> (anciennement 1382). De plus, elle possède une <strong>double nature compensatoire et indemnitaire</strong>. Par conséquent, elle n&rsquo;a pas sa cause dans le contrat de bail lui-même.</p>



<p class="txt-justify">Cette qualification est déterminante en <a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal/">droit pénal</a>. En effet, elle permet d&rsquo;englober l&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation dans le périmètre des condamnations protégées par l&rsquo;article 314-7 du code pénal. Concrètement, le débiteur qui organise frauduleusement son insolvabilité pour échapper au paiement de cette indemnité s&rsquo;expose désormais clairement à des <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/peine/">poursuites pénales</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="usage-de-faux">4) Usage de faux : la cassation pour insuffisance de motivation</h2>



<p class="txt-justify">Le deuxième moyen du pourvoi concernait la condamnation pour <strong>usage de faux</strong>. La cour d&rsquo;appel avait retenu la culpabilité du prévenu pour l&rsquo;envoi de bulletins de salaire comportant une adresse erronée de la société.</p>



<p class="txt-justify">Or, la défense faisait valoir un argument précis. L&rsquo;expert-comptable avait simplement réutilisé un ancien modèle de bulletin de salaire sans mettre à jour l&rsquo;adresse après le transfert du siège. Il s&rsquo;agissait donc, selon la défense, d&rsquo;une simple <strong>erreur matérielle</strong> et non d&rsquo;un acte intentionnel.</p>



<p class="txt-justify">La Cour de cassation censure l&rsquo;arrêt sur ce point au visa de l&rsquo;<strong>article 593 du code de procédure pénale</strong>. En effet, tout arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision. De plus, il doit répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties. En l&rsquo;espèce, la cour d&rsquo;appel s&rsquo;est contentée de relever la qualité de gérant du prévenu. Toutefois, elle n&rsquo;a pas établi que celui-ci avait <strong>sciemment</strong> fait usage de bulletins de paie dont il savait l&rsquo;adresse inexacte.</p>



<p class="txt-justify">C&rsquo;est pourquoi la Cour prononce la <strong>cassation partielle</strong>. Elle renvoie l&rsquo;affaire devant la <strong>cour d&rsquo;appel de Nîmes</strong> pour qu&rsquo;il soit statué à nouveau sur ce chef de prévention, ainsi que sur les peines et les intérêts civils afférents.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="portee-pratique">5) Portée pratique : ce que cet arrêt change pour les justiciables</h2>



<p class="txt-justify">Cet arrêt présente un intérêt pratique majeur, tant pour les <strong>créanciers victimes</strong> que pour les <strong>dirigeants de société</strong>.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Pour les créanciers et bailleurs :</strong> la Cour de cassation confirme que l&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation constitue une créance protégée pénalement. Concrètement, un bailleur dont le locataire organise son insolvabilité pour échapper au paiement de cette indemnité peut déposer <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/plainte/">plainte</a>. Cette voie pénale s&rsquo;ajoute aux recours civils classiques. Elle constitue un levier de pression efficace, notamment lorsque les voies d&rsquo;exécution se révèlent insuffisantes.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Pour les dirigeants de société :</strong> cet arrêt rappelle les risques pénaux liés aux manœuvres d&rsquo;insolvabilité. En effet, le transfert de siège social, la cession de parts pour un euro symbolique et le déménagement des actifs constituent autant d&rsquo;indices d&rsquo;une <strong>organisation frauduleuse</strong>. De plus, l&rsquo;article 314-7 du code pénal prévoit des peines sévères : jusqu&rsquo;à trois ans d&#8217;emprisonnement et 45 000 euros d&rsquo;amende.</p>



<p class="txt-justify"><strong>Sur l&rsquo;usage de faux :</strong> la Cour rappelle également l&rsquo;exigence de motivation en matière pénale. Le juge doit caractériser l&rsquo;<strong>élément intentionnel</strong> de chaque infraction. Ainsi, la seule qualité de gérant ne suffit pas à établir la connaissance du caractère mensonger d&rsquo;un document. Cette exigence protège les droits de la <a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/defense-penal-des-victimes/">défense</a> et garantit le respect de la <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/presomption-dinnocence/">présomption d&rsquo;innocence</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="faq">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;<strong>organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité</strong> consiste à organiser ou aggraver son insolvabilité pour échapper à une condamnation civile. L&rsquo;<a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/droit-penal-des-affaires/">article 314-7 du code pénal</a> punit ce délit de trois ans d&#8217;emprisonnement et 45 000 euros d&rsquo;amende.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation entre-t-elle dans le champ de l&rsquo;article 314-7 du code pénal ?</h3>



<p class="txt-justify">Oui. La Cour de cassation juge que cette indemnité n&rsquo;est pas contractuelle. Elle relève de l&rsquo;article 1240 du code civil et constitue donc une condamnation civile visée par l&rsquo;article 314-7 du code pénal.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelles manœuvres caractérisent une organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité ?</h3>



<p class="txt-justify">Le transfert de siège social, la <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/affaires/cession-de-parts-sociales/">cession de parts sociales</a> pour un montant symbolique ou le déménagement d&rsquo;actifs constituent des indices classiques. Chaque situation doit cependant être appréciée au cas par cas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que risque un dirigeant poursuivi pour usage de faux ?</h3>



<p class="txt-justify">L&rsquo;<a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/faux-usage-de-faux/">usage de faux</a> est puni de trois ans d&#8217;emprisonnement et 45 000 euros d&rsquo;amende (article 441-1 du code pénal). Toutefois, le juge doit caractériser l&rsquo;élément intentionnel. La seule qualité de dirigeant ne suffit pas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Comment réagir si l&rsquo;on est poursuivi pour organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité ?</h3>



<p class="txt-justify">Il faut consulter rapidement un <a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">avocat en droit pénal des affaires</a>. La stratégie de défense dépend des faits : contestation de l&rsquo;élément intentionnel, de la nature de la créance, ou du caractère frauduleux des actes reprochés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="aller-plus-loin">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal-des-affaires/">Droit pénal des affaires</a> — Compétences du cabinet 21Avocats</li>



<li><a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal/">Droit pénal</a> — Défense pénale à Nice</li>



<li><a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-des-baux/">Droit des baux</a> — Contentieux locatifs</li>



<li><a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/droit-penal-des-affaires/">Fiche glossaire : Droit pénal des affaires</a></li>



<li><a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/faux-usage-de-faux/">Fiche glossaire : Faux et usage de faux</a></li>



<li><a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/escroquerie/">Fiche glossaire : Escroquerie</a></li>



<li><a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/abus-de-confiance/">Fiche glossaire : Abus de confiance</a></li>



<li><a href="https://www.21avocats.com/glossaire/affaires/cession-de-parts-sociales/">Fiche glossaire : Cession de parts sociales</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="sources">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://juricaf.org/arret/FRANCE-COURDECASSATION-20260409-2483323" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cass. Crim. 9 avril 2026, n°24-83.323, F-B — Texte intégral sur Juricaf</a></li>



<li>Article 314-7 du code pénal — <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006418226?idSecParent=LEGISCTA000006149836" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Consulter sur Légifrance</a> </li>



<li>Article 1240 du code civil — <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032041571" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Consulter sur Légifrance</a> </li>



<li>Article 593 du code de procédure pénale — <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006577032" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Consulter sur Légifrance</a> </li>
</ul>



<p><em>Information juridique générale. Cet article ne remplace pas une consultation personnalisée. Pour une analyse adaptée à votre situation : <strong><a href="https://www.21avocats.com/nous-contacter/">contactez le cabinet</a></strong>.</em></p>



<p><a href="#sommaire">↑ Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/organisation-frauduleuse-insolvabilite-indemnite-occupation-cass-crim-9-avril-2026/">Organisation frauduleuse d&rsquo;insolvabilité : l&rsquo;indemnité d&rsquo;occupation n&rsquo;est pas contractuelle (Cass. Crim. 9 avril 2026, n°24-83.323)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Garde à vue du majeur protégé : le Conseil constitutionnel sanctionne une lacune (QPC n° 2026-1191, 3 avril 2026)</title>
		<link>https://www.21avocats.com/actualites/garde-a-vue-majeur-protege-qpc-2026-1191/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rudy COHEN]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 06:52:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[article 706-112-1 CPP]]></category>
		<category><![CDATA[conseil constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[droits fondamentaux]]></category>
		<category><![CDATA[garde à vue]]></category>
		<category><![CDATA[majeur protégé]]></category>
		<category><![CDATA[QPC]]></category>
		<category><![CDATA[tutelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.21avocats.com/?p=10271</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Conseil constitutionnel déclare l'article 706-112-1 du CPP contraire à la Constitution (QPC n° 2026-1191, 3 avril 2026). La lacune sanctionnée : l'absence d'avis obligatoire au tuteur lors de la prolongation de garde à vue d'un majeur protégé. Maître Rudy Cohen, avocat  à Nice, décrypte les effets immédiats de cette décision.</p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/garde-a-vue-majeur-protege-qpc-2026-1191/">Garde à vue du majeur protégé : le Conseil constitutionnel sanctionne une lacune (QPC n° 2026-1191, 3 avril 2026)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img wpfc-lazyload-disable="true" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="877" src="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/garde-a-vue-majeur-protege-qpc-droits-1024x877.webp" alt="" class="wp-image-10370" srcset="https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/garde-a-vue-majeur-protege-qpc-droits-1024x877.webp 1024w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/garde-a-vue-majeur-protege-qpc-droits-300x257.webp 300w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/garde-a-vue-majeur-protege-qpc-droits-768x658.webp 768w, https://www.21avocats.com/wp-content/uploads/2026/04/garde-a-vue-majeur-protege-qpc-droits.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="txt-justify"><strong>À retenir :</strong> Le <strong>Conseil constitutionnel</strong> déclare l&rsquo;article <strong>706-112-1 du code de procédure pénale</strong> contraire à la Constitution (QPC n° 2026-1191, 3 avril 2026). Ce texte impose l&rsquo;avis au tuteur ou curateur dès le début d&rsquo;une <strong><a href="https://www.21avocats.com/domaines-de-competences/droit-penal/urgence-droit-penal/garde-a-vue-nice/">garde à vue</a></strong> d&rsquo;un <strong>majeur protégé</strong>. Toutefois, il ne prévoit pas cette obligation lors de la <strong>prolongation</strong> de la mesure ou lors d&rsquo;une audition sur des <strong>faits nouveaux</strong>. Le Conseil sanctionne cette lacune. Il reporte l&rsquo;abrogation au <strong>31 octobre 2027</strong> et pose une <strong>réserve transitoire d&rsquo;application immédiate</strong>.</p>



<p class="txt-justify">Vous êtes <strong>majeur protégé</strong>, tuteur ou curateur d&rsquo;une personne placée en <strong>garde à vue</strong> à Nice ou dans les Alpes-Maritimes ? Vous souhaitez contester une procédure au regard de cette décision ? <strong><a href="/personnel/rudy-cohen/">Maître Rudy COHEN</a></strong>, avocat pénaliste, peut intervenir rapidement. Contactez directement le cabinet : <a href="/nous-contacter/"><strong>nous contacter</strong></a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="sommaire">Sommaire</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li><a href="#decision-bref">La décision en bref</a></li>



<li><a href="#contexte">Contexte : l&rsquo;affaire à l&rsquo;origine de la QPC</a></li>



<li><a href="#texte-conteste">Le texte contesté : l&rsquo;article 706-112-1 du CPP</a></li>



<li><a href="#censure">La censure constitutionnelle : la lacune identifiée</a></li>



<li><a href="#effets">Les effets de la décision : abrogation différée et réserve transitoire</a></li>



<li><a href="#faq">FAQ</a></li>



<li><a href="#aller-plus-loin">Aller plus loin</a></li>



<li><a href="#sources">Sources officielles</a></li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading" id="decision-bref">1) La décision en bref</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel rend sa décision le 3 avril 2026 (délibéré le 2 avril). Le président Richard Ferrand préside la formation. La décision paraît au Journal officiel n° 0080 du 3 avril 2026. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une <strong>question prioritaire de constitutionnalité</strong> (QPC) transmise à la demande de M. Bruno M.</p>



<p>Les points clés de cette décision sont les suivants :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="txt-justify">L&rsquo;article <strong>706-112-1 du code de procédure pénale</strong> est déclaré <strong>contraire à la Constitution</strong>.</li>



<li class="txt-justify">La lacune sanctionnée : l&rsquo;absence d&rsquo;obligation d&rsquo;aviser le <strong>tuteur ou curateur</strong> lors de la <strong>prolongation</strong> d&rsquo;une <a href="https://www.21avocats.com/glossaire/penal/garde-a-vue/">garde à vue</a> ou lors d&rsquo;une audition sur des <strong>faits nouveaux</strong>.</li>



<li class="txt-justify">L&rsquo;abrogation est reportée au <strong>31 octobre 2027</strong> pour permettre au législateur d&rsquo;intervenir.</li>



<li class="txt-justify">Une <strong>réserve transitoire d&rsquo;application immédiate</strong> protège les majeurs protégés pendant la période d&rsquo;attente.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="contexte">2) Contexte : l&rsquo;affaire à l&rsquo;origine de la QPC</h2>



<p class="txt-justify">M. Bruno M. fait l&rsquo;objet d&rsquo;une procédure pénale. Il bénéficie d&rsquo;une mesure de protection juridique. Or, lors de sa garde à vue, son tuteur ou curateur n&rsquo;est pas avisé dans toutes les situations que la loi exige. M. Bruno M. soulève alors une question prioritaire de constitutionnalité.</p>



<p class="txt-justify">En effet, la QPC permet à tout justiciable de contester la constitutionnalité d&rsquo;une disposition législative applicable à son litige. La transmission au Conseil suppose que la question soit sérieuse et non déjà tranchée. En l&rsquo;espèce, le Conseil l&rsquo;examine au fond et conclut à l&rsquo;inconstitutionnalité du texte.</p>



<p class="txt-justify">Concrètement, M. Bruno M. reproche à l&rsquo;article <strong>706-112-1 du code de procédure pénale</strong> de ne pas prévoir l&rsquo;avis au représentant légal lors de la prolongation de la garde à vue ou lors d&rsquo;une audition sur des faits nouveaux. Dès lors, le Conseil examine si cette lacune méconnaît les droits et libertés garantis par la Constitution.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="texte-conteste">3) Le texte contesté : l&rsquo;article 706-112-1 du CPP</h2>



<p class="txt-justify">L&rsquo;article <strong>706-112-1 du code de procédure pénale</strong>, issu de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation et de réforme pour la justice, organise les droits procéduraux des majeurs protégés en matière pénale. Il impose à l&rsquo;officier de police judiciaire ou au procureur d&rsquo;aviser, dès le début d&rsquo;une <strong>garde à vue</strong> ou d&rsquo;une <a href="/glossaire/penal/audition-libre"><strong>audition libre</strong></a>, le tuteur, le curateur ou toute autre personne chargée de la protection.</p>



<p class="txt-justify">Cette obligation vise à garantir les droits des personnes vulnérables. En effet, un majeur sous tutelle ou curatelle peut avoir besoin d&rsquo;une assistance spécifique pendant une mesure de contrainte. Ainsi, l&rsquo;avis au représentant légal lui permet d&rsquo;être soutenu dès le début de la garde à vue.</p>



<p class="txt-justify">Toutefois, le texte présente une lacune importante. Il ne prévoit pas explicitement l&rsquo;obligation d&rsquo;avis lors de la <strong>prolongation</strong> de la garde à vue. De même, il ne vise pas l&rsquo;audition portant sur des <strong>faits nouveaux</strong> découverts en cours de mesure. Or, ces situations exposent le majeur protégé aux mêmes risques que le début de la garde à vue.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="censure">4) La censure constitutionnelle : la lacune identifiée</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel identifie une atteinte aux droits des personnes vulnérables. Il rappelle que le législateur doit protéger les personnes sous mesure de protection contre les mesures coercitives, notamment en matière pénale. Par conséquent, l&rsquo;absence de protection lors de la prolongation ou en cas de faits nouveaux méconnaît les exigences constitutionnelles.</p>



<p class="txt-justify">En effet, la garde à vue constitue un moment particulièrement sensible pour toute personne. Pour un majeur protégé, l&rsquo;enjeu est renforcé. Son discernement peut être altéré. La présence ou l&rsquo;information du tuteur ou du curateur constitue une garantie fondamentale que le texte ne couvre pas dans tous les cas.</p>



<p class="txt-justify">Dès lors, le Conseil conclut à l&rsquo;inconstitutionnalité du texte. La lacune est suffisante pour emporter la censure. En effet, le législateur ne peut pas laisser subsister un vide normatif dans un domaine aussi sensible que la <a href="/domaines-de-competences/droit-penal/"><strong>procédure pénale</strong></a> et les droits des personnes vulnérables.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="effets">5) Les effets de la décision : abrogation différée et réserve transitoire</h2>



<p class="txt-justify">Le Conseil constitutionnel ne prononce pas l&rsquo;abrogation immédiate du texte. En effet, supprimer immédiatement l&rsquo;article 706-112-1 du CPP priverait les majeurs protégés de toute protection légale. Par conséquent, il reporte l&rsquo;abrogation au <strong>31 octobre 2027</strong>. Le législateur dispose ainsi du temps nécessaire pour réécrire le texte.</p>



<p class="txt-justify">De plus, le Conseil pose une <strong>réserve transitoire d&rsquo;application immédiate</strong>. Dès la publication de la décision au Journal officiel, les autorités judiciaires et policières doivent aviser le tuteur ou curateur lors de <strong>toute prolongation</strong> de <a href="/glossaire/penal/garde-a-vue"><strong>garde à vue</strong></a> et lors de <strong>toute audition sur faits nouveaux</strong>. Ainsi, les majeurs protégés bénéficient d&rsquo;une protection effective sans attendre la réforme législative.</p>



<p class="txt-justify">Par ailleurs, les affaires définitivement jugées avant le 3 avril 2026 ne sont pas remises en cause. En revanche, les procédures en cours peuvent invoquer la réserve transitoire. Dès lors, les avocats défendant des majeurs protégés dans une <a href="/glossaire/penal/information-judiciaire-instruction"><strong>information judiciaire</strong></a> ou une instruction doivent vérifier le respect de cette obligation.</p>



<p class="txt-justify">En pratique, le non-respect de l&rsquo;avis au tuteur pendant la période transitoire pourrait entraîner une nullité de procédure. Toutefois, les conditions exactes de cette nullité restent à préciser par la jurisprudence. En tout état de cause, l&rsquo;assistance d&rsquo;un avocat spécialisé est indispensable pour évaluer les conséquences procédurales dans chaque dossier.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="faq">FAQ</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un majeur protégé au sens du droit pénal ?</h3>



<p class="txt-justify">Un majeur protégé est une personne adulte placée sous tutelle, curatelle ou sauvegarde de justice. Ces mesures s&rsquo;appliquent lorsque l&rsquo;altération des facultés mentales ou corporelles compromet son autonomie. En matière pénale, des règles spécifiques protègent ces personnes lors de la <a href="/glossaire/penal/garde-a-vue"><strong>garde à vue</strong></a> ou d&rsquo;une <a href="/glossaire/penal/audition-libre"><strong>audition libre</strong></a>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que change concrètement la décision QPC 2026-1191 pour les majeurs protégés ?</h3>



<p class="txt-justify">Depuis le 3 avril 2026, les forces de l&rsquo;ordre doivent impérativement aviser le tuteur ou curateur lors de la prolongation de la garde à vue et lors d&rsquo;une audition sur faits nouveaux. Cette obligation s&rsquo;applique immédiatement, sans attendre la modification législative attendue avant le 31 octobre 2027.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La décision s&rsquo;applique-t-elle aux procédures en cours ?</h3>



<p class="txt-justify">Oui. La réserve transitoire s&rsquo;applique à toutes les procédures non définitivement jugées au 3 avril 2026. En revanche, les décisions passées en force de chose jugée ne peuvent pas être remises en cause sur ce fondement. Un avocat peut analyser si votre situation entre dans le champ de la réserve.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le non-respect de l&rsquo;avis au tuteur peut-il entraîner une nullité de procédure ?</h3>



<p class="txt-justify">Potentiellement oui. La violation d&rsquo;une garantie procédurale fondamentale peut entraîner la nullité des actes accomplis en méconnaissance de celle-ci. Toutefois, les conditions exactes restent à préciser par la jurisprudence. Consultez un <a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/"><strong>avocat pénaliste</strong></a> pour évaluer l&rsquo;impact sur votre dossier.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que faire si un proche majeur protégé est placé en garde à vue ?</h3>



<p class="txt-justify">Exigez d&rsquo;être informé immédiatement en votre qualité de tuteur ou curateur. Contactez sans délai un avocat pénaliste. Celui-ci s&rsquo;assurera que les droits du majeur protégé sont respectés et pourra intervenir dès les premières heures de la <a href="/glossaire/penal/garde-a-vue"><strong>garde à vue</strong></a> conformément à la réserve transitoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="aller-plus-loin">Aller plus loin</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="/domaines-de-competences/droit-penal/">Droit pénal — Cabinet 21avocats à Nice</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/urgence-droit-penal/">Urgence droit pénal</a></li>



<li><a href="/domaines-de-competences/defense-penal-des-victimes/">Défense pénale des victimes</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/garde-a-vue">Fiche glossaire : garde à vue</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/audition-libre">Fiche glossaire : audition libre</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/jld">Fiche glossaire : juge des libertés et de la détention (JLD)</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/information-judiciaire-instruction">Fiche glossaire : information judiciaire</a></li>



<li><a href="/glossaire/penal/demande-mise-en-liberte">Fiche glossaire : demande de mise en liberté</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="sources">Sources officielles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Conseil constitutionnel, QPC n° 2026-1191, 3 avril 2026 — <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20261191QPC.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Décision complète sur conseil-constitutionnel.fr</a></li>



<li><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/jo/2026/04/03/0080">Journal officiel de la République française n° 0080 du 3 avril 2026</a></li>



<li>Article 706-112-1 du code de procédure pénale — <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042779759/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Légifrance </a></li>



<li>Loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice</li>
</ul>



<p><a href="#sommaire">↑ Retour au sommaire</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.21avocats.com/actualites/garde-a-vue-majeur-protege-qpc-2026-1191/">Garde à vue du majeur protégé : le Conseil constitutionnel sanctionne une lacune (QPC n° 2026-1191, 3 avril 2026)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.21avocats.com">21 Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
